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L’extrême droite version Poilievre

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Les idées d’extrême droite opèrent un fascinant retour en politique. Aux États-Unis, ce retour est amplement documenté depuis l’élection de Donald Trump en 2016. En France, la montée de Marine Le Pen ou d’Éric Zemmour montre que cette droite a de beaux jours devant elle. Ici même, les Pierre Poilievre et Éric Duhaime surfent sur cette vague d’extrême droite.

L’extrême droite cherche en général à affaiblir les gouvernements. Pour les tenants de cette mouvance, l’État n’a besoin que d’un minimum de lois. Bien plus, pour eux, une société saine applique la loi de la jungle : les plus forts dominent les plus faibles.

Les gens plus au centre considèrent que le bien-être de tout un chacun est plus important que celui de quelques individus.

Les pratiquants d’extrême gauche estiment que la redistribution de la richesse doit se faire sans tenir compte des efforts et des talents individuels, mais en répondant aux besoins réels de chacun.

Les extrêmes sont souvent nocifs. Ceux qui les défendent ont en général une compréhension naïve et quasi religieuse de la société.

Poilievre est un bel exemple de ce genre d’égarements politiques.

Poilievre et la démocratie

Par exemple, au nom de la démocratie, Poilievre voudrait que les sénateurs soient élus et que les élus puissent être démis de leur fonction sur simple pétition de leurs électeurs. Derrière ces principes, qui paraissent corrects, se cache une volonté de paralyser les gouvernements et de les affaiblir au maximum.

Des sénateurs élus ne tarderaient pas à faire contrepoids à la chambre basse et rendraient extrêmement difficile l’adoption des lois. Le système américain montre ce genre de travers, surtout quand la population est très polarisée.

De même, annuler l’élection d’un député par une pétition constitue une excellente manière d’empêcher les élus de prendre des décisions parfois difficiles et nécessaires.

Il faut rappeler que quand les élus ne dirigent pas, ce sont d’autres groupes, comme les chefs d’entreprise, les religieux ou les militaires, qui prennent le relais. La démocratie tombe.

Cryptomonnaies

Poilievre a aussi dans son sac d’autres propositions qui montrent qu’il ne comprend pas grand-chose à la politique ou à l’économie. Ainsi, propose-t-il de remplacer le dollar canadien par les cryptomonnaies. Quelqu’un lui a-t-il expliqué que les cryptomonnaies sont hautement spéculatives et très utilisées par les criminels ?

Il est vrai que la généralisation des cryptomonnaies affaiblirait la Banque du Canada et l’influence des gouvernements sur l’économie. Dans la logique de Poilievre, tout affaiblissement de l’État est une bonne chose, par définition.

Poilievre est aussi contre la plupart des lois sur l’environnement (elles restreignent la liberté d’entreprises), contre les registres d’armes à feu (que diable, il faut se protéger dans une société qui deviendrait très inégalitaire) et contre le financement de Radio-Canada (le moins d’informations aura le bon peuple, le mieux cela vaudra).

Au nom de la liberté, il veut assassiner la société.

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