/finance/business
Navigation

Pénurie de main-d'oeuvre: elle recrute son employée à 850 kilomètres

La Gaspésienne a dû embaucher une Montréalaise, faute de trouver du personnel dans sa région

Diane Beausoleil.
Photo courtoisie La propriétaire du bureau de comptable Service Multi-Disciplinaire de Caplan, en Gaspésie, Diane Beausoleil, a embauché une technicienne comptable de Montréal, faute d’avoir réussi à en trouver une dans son coin de pays.

Coup d'oeil sur cet article

Une patronne d’un bureau de comptable de la MRC de Bonaventure, en Gaspésie, incapable de trouver une technicienne comptable dans son coin de pays vient d’en embaucher une du quartier Saint-Michel, à Montréal.

• À lire aussi - Salon de l’emploi: les entreprises cherchent à combler 10 000 emplois

• À lire aussi - Des entreprises font du «speed dating» avec des candidats pour les séduire

«Dans la région, il y avait zéro interaction. Zéro intérêt», lance avec un franc-parler Diane Beausoleil, propriétaire de Service Multi-Disciplinaire, situé dans le village de Caplan, en Gaspésie.

Incapable de trouver une technicienne comptable dans sa région durant des semaines à l’approche de la période des impôts, elle a décidé de prendre le taureau par les cornes en diffusant son offre d’emploi à la grandeur du Québec.

«On a reçu une trentaine de CV, dont trois intéressants. On en avait dans les Laurentides, à Montréal et à Longueuil», poursuit-elle.

Même si elle pousse aujourd’hui un soupir de soulagement après avoir trouvé la perle rare en février, à Montréal, Diane Beausoleil se retrouve avec des centaines de dollars de plus à payer chaque mois pour l’accueillir.

«Je dois investir avec Office 365 avec Teams. J’ai besoin de payer plus de mensualités d’autres logiciels externes pour pouvoir faire le travail à distance», illustre-t-elle.

  • Écoutez la chronique de Yves Daoust au micro de Richard Martineau tous les jours en balado ou en direct à 9h15 via l’app QUB et le site qub.ca :

Économie de 350 $

À près de 850 kilomètres de là, sa nouvelle employée depuis février, Julie Levasseur, elle, n’y voit que du bon dans sa vie.

«Ça fait mon affaire», lance-t-elle au bout du fil.

Fini les embouteillages, fini les frais de garde, fini le stress... la technicienne comptable adore travailler avec Diane, qui est conciliante. Elle savoure chaque jour sa nouvelle qualité de vie, qui lui permet de souffler un peu.

«Je n’ai pas le cassage de tête des travaux sur les routes le matin. Je ne paye pas le service de garde après l’école. J’économise un bon 200 $ par mois d’essence», souffle-t-elle.

Or, même si ces postes en télétravail peuvent sourire aux candidats, c’est une autre histoire pour les patrons de PME, selon François Vincent, vice-président pour le Québec de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

«On va les faire vivre comment, les régions, si tous les travailleurs sont à distance?» se demande-t-il à voix haute.

«Pour la vitalité des régions, ça prend du monde», plaide-t-il.

Effets négatifs du télétravail  

Au Journal, François Vincent brandit une étude sur l’impact du télétravail sur les entreprises effectuée au début de la pandémie, qui brosse un portrait plutôt sombre de la nouvelle réalité des télétravailleurs. 

Diminution de productivité (34 %), de la communication (36 %), de la cohésion de l’équipe (53 %)... sans parler du coût du matériel de bureau en augmentation (39 %), le télétravail peut nuire aux entreprises, selon la FCEI.

Le manque de rencontres (49 %), la difficulté de gestion (47 %) et l’accès des employés à une connexion haute vitesse (31 %) préoccupent les patrons.

«Il y a des limites à devoir embaucher à 100 % en télétravail», conclut François Vincent de la FCEI.


♦ En décembre dernier, Le Journal avait raconté l’histoire de Monique L. Fortin, une comptable de Maniwaki, qui déplorait la pénurie de comptables en région.

Vous avez un scoop à nous transmettre?

Vous avez des informations à nous partager à propos de cette histoire?

Vous avez un scoop qui pourrait intéresser nos lecteurs?

Écrivez-nous à l'adresse jdm-scoop@quebecormedia.com ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.