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Avortement: Simone de Beauvoir avait raison

Avortement: Simone de Beauvoir avait raison
Photo AFP

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La Cour suprême des États-Unis s’apprête à tout simplement annuler l’important jugement Roe c. Wade, un arrêt majeur qui protège le droit des femmes à avorter aux États-Unis.

Il s’agirait, si la rumeur se confirme, d’un recul majeur, non seulement pour le droit des Américaines, mais pour toute la société. Imaginez qu’en 2022, le droit des femmes de disposer de leur corps soit encore un sujet qui déchire l'une des sociétés les plus modernes et évoluées.

Simone de Beauvoir avait donc raison lorsqu’elle affirmait: «N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant.»

Les femmes et les hommes auront raison d’être déçus si la Cour suprême américaine annonçait réellement ce recul. On s’attend inconsciemment à ce que des politiciens, assoiffés de pouvoir, puissent avoir le culot et l’indécence d’affaiblir des droits acquis, de diviser la population et de proposer des reculs pour se faire entendre et se faire aimer par certaines franges de la population. Mais pas les tribunaux. Pas les juges. Pas la Cour suprême des États-Unis.

Cette même Cour qui a accueilli récemment la première femme noire sur son banc.

Cette même Cour qui a rendu une décision historique en 2015 sur le mariage gai dans l’arrêt Obergefell v. Hodges.

La cour de Ruth Bader Ginsburg, qui a défendu le droit des femmes comme juge jusqu’à la toute fin de sa vie.

Je ne peux concevoir que la plus haute cour américaine trahisse ainsi les femmes et les filles d’aujourd’hui et de demain.

Je ne peux accepter que Trump ait réussi à inscrire avec autant de force son mépris pour les femmes, pour l’égalité et pour le respect des libertés au sein d’une institution juridique aussi prestigieuse.

Je ne peux imaginer que les droits des femmes puissent être aussi fragiles et qu’en un claquement de doigts on puisse reculer de 50 ans.

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