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CAQ: la mauvaise conscience des souverainistes

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Le gouvernement Legault est truffé d’anciens péquistes, à commencer bien sûr par le chef lui-même.

Ils ont cru à la souveraineté du Québec pendant des décennies. Beaucoup y croient encore.

Ils doutent peut-être qu’il soit possible d’y arriver, ce qui n’est pas déraisonnable après deux défaites référendaires et quand on constate le recul de cette idée dans l’opinion publique.

Mais ils continuent à ne pas douter qu’elle serait la meilleure avenue par le Québec français, la seule en fait capable de stopper son déclin programmé dans le Canada actuel.

Court terme

Je peux comprendre qu’ils aient quitté un PQ embourbé pour se joindre à une formation qui, à défaut de conduire à la souveraineté, pourrait remettre le Québec en mouvement. 

Il vaut mieux, se sont-ils dit, des avancées limitées, mais concrètes, plutôt que des discours impuissants ne renvoyant que leur propre écho.

Moi-même, je suis passé à un cheveu, vers 2010, de refaire le saut en politique et de me joindre à cette aventure.

Soyons honnêtes : la CAQ a mis fin à l’aplaventrisme et au grenouillage des années libérales. C’est déjà ça et c’est beaucoup.

Cela dit, au quotidien, Trudeau ne cesse de dire non aux demandes pourtant minimales du gouvernement Legault.

Pas une journée ne passe sans que le Québec français ne soit insulté dans les médias du Canada anglais.

Pas une journée pendant laquelle le poids du Québec ne fond pas à grande vitesse. 

Le projet caquiste était, par définition, un projet politique utile, mais de court terme : briser un duopole libéralo-péquiste devenu stérile.

Mais au-delà du court terme, l’impasse reste entière : le Québec est pris dans un régime politique qui a programmé son affaiblissement.

Jour après jour, les souverainistes au sein de la CAQ qui sont demeurés fidèles à leur idéal avalent couleuvre après couleuvre.

Comment réagit François Legault intérieurement après chaque rebuffade d’Ottawa, après chaque gifle ? 

Je ne peux croire que cela se résume à : bof, mes sondages sont bons et je serai réélu.

Pourtant, il a confié nos relations avec le reste du Canada à l’ultrafédéraliste Sonia Lebel. Un signe qu’il ne faut surtout rien brasser ?

Il rigole même en compagnie de Justin !

Je le redis : je ne peux croire que sa conscience ne le turlupine pas, comme elle doit turlupiner tous les souverainistes au sein de la CAQ.

Conscience

En ce moment, un souverainiste au sein de la CAQ, c’est un peu comme un Steven Guilbault devenu ministre de l’Environnement et qui défend l’industrie pétrolière.

Oui, en politique, il faut savoir faire des compromis. Mais vient un moment où une personne intègre doit regarder dans le fond de sa conscience et se questionner.

Le soir, quand un souverainiste travaillant au sein du gouvernement Legault se couche, quand il regarde le plafond en attendant le sommeil, quand il songe au sens de son engagement, je refuse de croire que sa conscience ne le travaille pas. 

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