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Les nouvelles construction à Montréal devront être zéro émission de gaz à effet de serre

construction residentielle
Photo d'archives

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À partir de 2025, tous les nouveaux bâtiments à Montréal se verront imposer un seuil de performance «zéro émission» de gaz à effet de serre (GES).

Avec cette mesure, la Ville de Montréal souhaite devancer de 10 ans son objectif que tous les immeubles sur son territoire soit «zéro émission», le but étant maintenant d’atteindre cette cible pour 2040.

«Pour les nouveaux bâtiments, c’est d’arrêter de construire en installant des systèmes qui ne sont pas 100% énergie renouvelable. Ensuite, ce sera, dans les systèmes existants, de planifier pour que d’ici 2040 il n’y en ait plus», a expliqué Marie-Andrée Mauger, responsable de la transition écologique et de l'environnement au comité exécutif de la Ville de Montréal.

Elle précise que dans le résidentiel, la principale empreinte carbone provient du chauffage, lorsqu’il n’est pas électrique.

Mme Mauger en a fait l’annonce mardi matin, en compagnie de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, dans le cadre du Sommet Climat qui se déroulait à Montréal.

«Il n’y en a pas de plus tard. C’est maintenant qu’on sauve la planète. C’est maintenant qu’on met les efforts nécessaires. On a tous la capacité, dans nos champs d’expertise respectifs, d’aller plus loin», a déclaré Mme Plante.

L’annonce de la Ville s’inscrit dans le cadre de son Plan climat, qui vise une réduction des gaz à effet de serre produite sur son territoire de 55% d’ici 2030. Selon les calculs de la Ville, le secteur du bâtiment représente environ 30% des émissions de GES à Montréal.

Pour atteindre ces objectifs, l’administration Plante compte y aller graduellement. Dans la prochaine année, elle compte mener des consultations publiques, en vue d’adopter un règlement en 2023.

Celui-ci entrera en vigueur en 2024 pour les nouveaux immeubles de moins de 2000 mètres carrés, et s’appliquera à toute nouvelle construction l’année suivante.

Quant aux bâtiments existants, ceux de moins de 2000 mètres carrés devront déclarer, à partir de 2023, tous les appareils de chauffage utilisant un combustible.

«Cette déclaration unique permettra de mieux cibler les approches d’accompagnement et de sensibilisation des propriétaires afin d’accélérer la transition vers des systèmes moins polluants», est-il indiqué dans la documentation de la Ville.

Pour les immeubles en place de plus de 2000 mètres carrés, «la feuille de route comprend l’imposition graduelle de seuils de performance à atteindre», afin qu’ils soient totalement alimentés par des énergies renouvelables d’ici 2040.

Hydro-Québec a indiqué qu’elle collaborerait avec la Ville de Montréal pour la décarbonation des bâtiments de la métropole.

«La décarbonation de notre économie passe notamment par l’électrification efficiente des bâtiments existants. Autant il faut réduire le recours aux énergies fossiles, autant il importe de le faire au meilleur coût possible», a déclaré Sophie Brochu, présidente-directrice générale d’Hydro-Québec.

D’autres engagements

Quelques organisations ont profité de leur présence au Sommet Climat pour présenter des engagements concrets qu’ils comptent mettre en place au cours des prochaines années.

Ivanhoé Cambridge s’est ainsi engagé à réduire de 55% l’empreinte carbone de ses bâtiments montréalais d’ici 2030. L’entreprise est propriétaire de plusieurs immeubles emblématiques, dont la place Ville-Marie et l’Hôtel Reine Élizabeth.

«Sur l’ensemble de nos édifices, 80% de nos émissions proviennent de [ces deux immeubles]. On va convertir les systèmes de chauffage et investir en efficacité énergétique», a expliqué Élise Proulx, cheffe, développement économique Québec chez Ivanhoé Cambridge.

La Direction régionale de santé publique (DRSP) a également annoncé une collaboration avec la Ville de Montréal pour évaluer «plus finement» et anticiper les répercussions possibles des changements climatiques sur la santé de la population.

Elle identifiera également les politiques publiques nécessaires pour favoriser la «résilience des communautés».

À Montréal, l’effet des changements climatiques sur la santé publique est particulièrement visible durant les vagues de chaleur, selon la Dre Mylène Drouin, directrice de la DRSP. Les zoonoses, telles que la maladie de Lyme, en sont aussi un autre exemple, de même que les inondations et les froids intenses.

«Les plus vulnérables sont souvent les plus touchés, parce que leur environnement est probablement moins adapté à ces risques», a-t-elle résumé.

Les ministres de l’Environnement du Canada et du Québec, Steven Guilbault et Benoit Charrette, étaient également présents pour l’événement, qui a réuni 500 participants.

«Aujourd’hui, je dois représenter l’ensemble de la population canadienne, et accepter que je ne puisse gagner toutes mes batailles. Vous êtes déçus de ma décision de Baie du Nord, je le sais. Ne pensez pas qu’en étant au gouvernement, je peux tout régler et tout décider seul», a-t-il reconnu.

Un événement réussi

Pour Karel Mayrand, président-directeur général de la Fondation du Grand Montréal et co-président de Partenariat Climat Montréal, le Sommet était un succès.

«Ce qu’on espérait, quand on a lancé l’idée d’un Sommet, c’était de créer cette date-là, où ça encouragerait des organisations à venir faire des annonces», a-t-il révélé. Un succès à ses yeux, alors que quelques entreprises ont pris des engagements en matière d’environnement.

«On voulait que ça soit concret. Pas qu’on annonce qu’on va réfléchir à quelque chose», a-t-il ajouté.

C’était la première fois que le Sommet avait lieu, il espère pouvoir en faire un événement annuel, et que davantage d’entreprises et d’institutions en profitent pour poser des gestes en matière d’environnement.

Mardi, ce sont 500 personnes qui s’étaient déplacées pour y assister. «On avait peur qu’on soit obligé d’annuler, on ne savait pas si les gens allaient venir. Mais ça fait 10 jours qu’on est complet. On a dû refuser du monde», s’est-il exclamé.

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