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Diversité sexuelle: parlons-en à nos enfants

LGBT
Photo d’archives Discrimination et violence font toujours partie du quotidien de la communauté LGBTQ+.

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Sasha me raconte avoir vécu difficilement une intervention du directeur de son école. Dans cette classe de quatrième secondaire, les jeunes ont participé à un sondage, dont on leur avait garanti l’anonymat, à la suite d’un atelier de prévention sur l’homophobie.

Les jours suivants, le directeur a fait le tour des classes et a menacé les élèves. Pourquoi est-il si choqué ? Le résultat du sondage montre qu’environ 7 % des jeunes avaient tenu des propos haineux et certains avaient même proféré des menaces de mort.

Le directeur demande alors aux « homophobes » de se dénoncer. Il va jusqu’à leur dire que les caméras seront vérifiées et des dénonciations seront transmises à la police. Grosse pédagogie ! Croyez-vous vraiment que ces jeunes vont encore avoir confiance à un système qui leur fait croire qu’ils peuvent s’exprimer de façon anonyme alors que dans la réalité, les résultats sont utilisés pour les menacer ? Que l’on se comprenne bien, Sasha ne faisait pas partie de ces jeunes ayant tenu des propos homophobes et haineux, mais il se sentait tout de même dupé.

Répondre par la violence ?

Ce genre de sondage n’est pas mauvais en soi. Il doit cependant servir de baromètre et viser l’identification des problématiques dans une optique de prévention. Techniquement, un bon directeur aurait pris acte du résultat et envisagé la mise en place d’un plan annuel de prévention de l’homophobie en s’alliant des spécialistes au lieu de répondre à cette violence verbale par une autre. Discuter une heure ou deux d’homosexualité par année dans le cadre du cours à la sexualité ou inviter des membres de la communauté LGBTQ+ à partager leurs expériences est insuffisant.

Par ailleurs, il est important de s’unir aux parents dans ce genre de démarche. Et si l’on veut sensibiliser les jeunes aux conséquences pénales de leurs propos, qui de mieux placé qu’un criminologue ou un avocat.

Il reste du chemin à faire

On ne peut nier les avancées sur les droits des LGBTQ+ au Canada. Cependant, 14 % de la population estime encore que l’homosexualité ne devrait pas être acceptée dans notre société. Selon Statistique Canada, le nombre de crimes motivés par la haine envers une orientation sexuelle déclarés par la police aurait augmenté de 41 % en 2019 comparativement à 2018.

À ce chiffre, il existe des données absentes, car les victimes ne dénoncent pas toujours leurs agresseurs, particulièrement lorsque cela signifie sortir du placard.

La discrimination et la haine envers les minorités sexuelles font toujours partie de notre réalité. Il n’en demeure pas moins qu’on ne peut changer les mentalités par la violence verbale, et ce, encore moins chez les jeunes.

Le 17 mai prochain sera la Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie. Un jour symbolisant le retrait de l’homosexualité de la liste des maladies mentales par l’Organisation mondiale de la santé en 1990. Que pensez-vous d’en profiter pour parler avec bienveillance de la diversité sexuelle à vos enfants ? Vous pourriez peut-être être surpris...

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