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Le cauchemar de Da Silva

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Photo d’archives, AFP Au tour préliminaire aux Jeux olympiques de Tokyo, Myriam Da Silva (en rouge) s’était inclinée devant la Dominicaine Maria Altagracia Moronta Hernandez.

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Parmi les 121 signataires de la lettre, seule l’olympienne Myriam Da Silva a eu le courage d’aller sur la place publique pour dénoncer les actions et les procédures du directeur haute performance Daniel Trépanier.

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Elle a participé aux Jeux de Tokyo avec quatre autres athlètes. La Québécoise a été éliminée dès son premier combat. Da Silva affirme que son expérience olympique a été un cauchemar du début à la fin.

Elle a été brisée physiquement et psychologiquement avant son départ pour le Japon. 

« Daniel [Trépanier] s’est servi de la pandémie pour dire que l’on n’avait pas de partenaire d’entraînement. À plusieurs reprises, j’ai livré des “tests matchs” et des rounds avec Tammara Thibeault avec qui j’ai 15 livres de différence. 

« Sur papier, Daniel avait démontré que Tammara était la meilleure boxeuse pour me préparer. Je ne voulais pas faire de tests matchs ou de rounds d’entraînement avec elle. »

Da Silva a fini par casser à quelques semaines des JO. Elle s’est sentie isolée et abandonnée. 

« Je ne me souviens pas du moment où j’ai reçu mes vêtements officiels, d’avoir pris l’avion ou de mon combat. Je n’avais pas de jambes durant mon combat. Je ne m’en souviens pas. J’étais pas là. »

Par la suite, l’athlète de 37 ans a décidé de quitter l’équipe nationale. Caroline Veyre a fait de même. Elles n’étaient plus capables de vivre dans un tel environnement.

Enquête réclamée

Les signataires souhaitent que Sport Canada mène une enquête approfondie sur Boxe Canada et ses pratiques. 

« Ces mesures s’avèrent nécessaires pour éliminer la culture toxique de Boxe Canada et de permettre à la fédération de devenir un organisme sécuritaire, juste et transparent », est-il mentionné. 

À part une enquête, les solutions ne sont pas nombreuses. Selon plusieurs intervenants, le départ de Trépanier pourrait permettre à la fédération d’avoir un nouveau départ. Par contre, c’est loin d’être fait.

Selon nos informations, Trépanier n’a pas l’intention d’abandonner ses fonctions. Il a l’intention de s’accrocher malgré la tempête. Il croit qu’il n’a rien à se reprocher. 

Et si Boxe Canada embauchait un entraîneur avec une forte réputation qui pourrait aider Trépanier à se concentrer sur sa fonction de directeur haute performance ? Ce serait la solution envisagée par la fédération.

Une chose est sûre, le vent de changement souffle très fort un peu partout au pays. 

Boxe Canada réagit

Après avoir constaté les réactions suscitées par la lettre, Boxe Canada a émis une déclaration dans laquelle elle tente de mettre le couvert sur les allégations. 

« Boxe Canada prend ces préoccupations très au sérieux, est-il mentionné dans un communiqué. Nous avons pris des mesures rapides au cours des derniers mois pour améliorer la transparence et la gouvernance de l’organisation. »

Parmi ces mesures, il y a eu création d’un groupe consultatif de haute performance, qui comprend des représentants des provinces et des entraîneurs de partout au Canada. La fédération canadienne a également fondé un panel national d’experts pour la sélection de l’équipe nationale 2022-23. 

De plus, à la demande du conseil d’administration, un expert externe a été engagé par Boxe Canada en mars 2022 afin d’effectuer un examen de la culture du programme haute performance. 

Un processus externe indépendant a également été mis en place afin que les plaintes soient traitées de manière confidentielle.

Pour ce qui est de Daniel Trépanier, il n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue mercredi. 

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