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«C’est un technocrate»

Bernier n’est pas tendre à l’endroit de Daniel Trépanier et de Boxe Canada

Christophe Bernier, en rouge, en a gros sur le cœur contre Boxe
Photo courtoisie, Virgil Barrow Christophe Bernier, en rouge, en a gros sur le cœur contre Boxe Canada et son directeur haute performance, Daniel Trépanier.

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« Tout est fait pour me mettre des bâtons dans les roues. On me demande de prendre des vacances à 24 heures d’avis sous peine d’être expulsé de l’équipe nationale et de ne pas pouvoir aller aux Jeux olympiques. C’est tellement toxique comme environnement que je compare cela à Big Brother. »

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Ce sont les mots de Christophe Bernier qui est membre actif de l’équipe canadienne de boxe. Il s’est confié sur son quotidien avec Boxe Canada et son directeur haute performance Daniel Trépanier. 

« Ces gens ont toutes les options devant eux et décident de toutes les lois, a raconté Bernier qui évolue dans la catégorie des super lourds. Tu dois te battre contre le système sans cesse. Tu as très peu de façons de survivre là-dedans. »

Il n’est pas tendre envers Trépanier. 

« C’est un technocrate, a lancé le colosse de 6 pieds 7 pouces. Il remplit des papiers et il tripe sur cela. En face de moi, il ne m’a jamais manqué de respect. Il ne te regarde jamais dans les yeux parce qu’il a honte de ce qu’il fait. »

« Par contre, lorsqu’il appelle ou il t’envoie un courriel, il te traite comme du poisson pourri. »

Daniel Trépanier
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin
Daniel Trépanier

Combat dangereux

Il a raconté une expérience qu’il a vécue lors d’un tournoi en Hongrie. Avant le départ, on lui fait comprendre qu’il doit y participer afin de garder sa place au sein de l’équipe nationale. 

« Après une seule semaine d’entraînement, on m’a demandé d’affronter le champion de la Croatie qui avait gagné le tournoi l’an dernier, a expliqué Bernier. Lorsque j’avais accepté d’aller en camp, je n’ai jamais été informé que je participais à ce tournoi-là. »

« Je suis rentré dans le ring. C’était dangereux pour ma santé physique et mentale, a-t-il continué. J’ai deux petits garçons à la maison et j’aurais pu mourir dans le ring. La boxe, c’est un sport dangereux lorsque tu n’es pas en forme. »

Au troisième round, il encaisse un coup de puissance. Il demande à l’arbitre de mettre fin au combat. 

« Le coup était tellement fort que je l’ai senti jusque dans mes orteils. J’ai vu que mon coin n’était pas prêt à lancer la serviette. C’est la première fois que j’abandonnais. »

Du favoritisme

De son côté, Sabrina Aubin conserve encore des séquelles psychologiques de son passage de huit ans au sein de l’équipe nationale. 

Dans sa catégorie de poids (125 lb), elle a été victime de favoritisme de la part de Trépanier qui estimait que Caroline Veyre avait un plus grand potentiel pour les Jeux olympiques.

« Il y a toujours eu de la corruption et du favoritisme à Boxe Canada, mentionne-t-elle. Si ce n’était pas moi, c’était un autre. Il se passait toujours quelque chose. Tu ne savais jamais ce qu’il [Trépanier] allait faire. »

« C’était le roi des règlements. Il pouvait les changer sur le fly. Il pouvait aussi changer la documentation », a-t-elle ajouté.

Aux Jeux panaméricains en 2018, elle apprend qu’elle ne pourra pas participer aux Championnats du monde. 

« Les documents et les critères ont été conçus en fonction de faire passer Caroline devant moi. Du même coup, elle pouvait faire des points et avoir la chance d’aller aux Jeux olympiques à ma place. »

Ce n’est pas la seule athlète à avoir vécu pareille situation. Les exemples sont nombreux. Ils ont vu leur rêve olympique s’envoler, mais pas en raison de leurs performances dans le ring.

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