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Heureux d'avoir quitté Montréal pour de bon

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Il y a quelques semaines, j’ai quitté Montréal et déménagé à la campagne pour de bon.

La vraie campagne, pas une lointaine banlieue de centres d’achats et de faux châteaux sans arbres.

Je n’étais pas trop sûr de mon coup. 

Maintenant, je sais que ce fut la bonne décision. J’ai zéro regret.

Mauvaise humeur

À Montréal, nous logions dans un appartement de transition entre notre ancienne maison de Laval et celle où nous sommes maintenant.

Détrompez-vous, Montréal n’était pas une découverte pour moi. J’y ai vécu de longues années avant d’être élu député à Laval.

Dans le quartier montréalais où nous étions jusqu’à tout récemment, la collecte des ordures était une catastrophe : déchets laissés au sol, poubelles disparues, rues sales en permanence.

Dans le Montréal d’aujourd’hui, à la différence du passé, le rejet du français prend la forme d’une affirmation fière, d’un geste de défi, d’une posture militante totalement assumée. 

Comme la ville est une île, elle accueille forcément beaucoup de gens venant des rives nord et sud.

Pour eux, stationner sans vignette est un casse-tête.

Délaisser l’auto ? Il faudrait pour cela des options de qualité en transport public. 

Nous n’y sommes pas du tout, du tout, du tout, à moins de vivre à côté d’une station de métro.

Mais quand votre réseau a la forme d’un U traversé par deux lignes horizontales, des tas de gens sont mal desservis.

Et voilà maintenant que le projet du REM revient à la case de départ. Après des années, on « découvre » des enjeux d’acceptabilité sociale. 

Le bon côté d’écarter la Caisse de dépôt est que celle-ci opérait à partir d’une logique financière et non de service public. Ça paraissait.

Le mauvais côté est que le nombre d’acteurs qui voudront mettre leur grain de sel sera tel qu’il reportera le tout aux calendes grecques.

Je vous épargne la tirade totalement justifiée sur les cônes orange et les chantiers interminables.  

  • Écoutez la chronique de Joseph Facal au micro de Richard Martineau sur QUB radio :

Et la violence y augmente

Je ne nie pas qu’il y a des quartiers agréables à Montréal, et des choses intéressantes à y découvrir ou à y faire.

Mais qui va honnêtement dire que Montréal est une belle ville ? 

Pardonnez le cliché, mais il faut la voir avec les yeux du cœur et ne pas avoir beaucoup voyagé pour penser ainsi.

Je retourne occasionnellement à Montréal. C’est simple : chaque retour me déprime ou me met de mauvaise humeur.

Contraste

Il m’arrive, trop rarement à mon goût, d’aller à Québec : le contraste est stupéfiant.

Québec n’est pas sans problèmes, mais la ville est belle, propre, bien tenue, et se développe en gardant son âme et son cachet.

Je craignais de m’ennuyer à la campagne.

Pas du tout : j’ai mes livres, mes films, ma musique, et ça sent bon. 

J’ai installé des mangeoires pour oiseaux et j’essaie de les reconnaître. Je suis nul, mais prêt à apprendre.

Ai-je un pincement au cœur en repensant à Montréal ? Même pas.

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