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Fitzgibbon une fois de plus évasif sur ses liens avec une entreprise

Impossible de savoir à quel moment le PDG de Polycor a appelé le ministre

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a annoncé, mercredi, une prise de participation de 60 M$ sous forme d’actions privilégiées et une participation de 38 M$ en actions ordinaires dans l’entreprise Polycor de la part d’Investissement Québec, une société d’État chapeautée par son ministère.

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Une journée après avoir annoncé un investissement de 98 M$ dans Polycor aux côtés de son PDG, Patrick Perus, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, est resté flou sur ses échanges récents avec l’entreprise.

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«Sur le plan éthique, il y a avantage à toujours être transparent pour démontrer la légitimité de la transaction», estime Michel Séguin, professeur et expert en éthique de l’UQAM.

Mercredi, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon a annoncé une prise de participation dans Polycor pour «le maintien des emplois et du siège social de l’entreprise au Québec».

Plus tard, en commission, il a affirmé que le PDG de Polycor, Patrick Perus, l’avait appelé «45 secondes», «il y a deux ou trois mois».

«M. Perus m’a appelé, une des quatre fois, et m’a dit: ‘‘Est-ce que c’est concevable qu’Investissement Québec [IQ] puisse investir dans la société?’’», a-t-il répondu à une question du député libéral Marc Tanguay.

M. Perus s’était-il inscrit au Registre des lobbyistes avant de faire cet appel? Questionnés, hier, par Le Journal, le cabinet du ministre et Polycor n’ont pas voulu donner la date précise de l’appel téléphonique ni de détails.

«L’investissement a été négocié entre Birch Hill et les équipes d'Investissement Québec (IQ) directement. Il n’y a eu aucune discussion directe avec le ministre à ce sujet», a assuré par courriel Polycor.

«IQ a entendu parler de la possibilité d’investir dans Polycor parce que c’était un processus large, avec une banque d’investissements. Polycor a été contacté par IQ directement, car l’entreprise est un succès québécois et ils souhaitaient, tout comme la direction de Polycor, qu’il y ait du capital québécois dans la transaction», a-t-on souligné.

Activités de lobbyisme?

Hier après-midi, Polycor n’avait aucun mandat actif au Registre des lobbyistes, pas plus que son président, Patrick Perus. Le Journal n’a pas obtenu de réponse auprès de Polycor pour savoir pourquoi.

Or, s’il est démontré qu’une entreprise fait du lobbyisme, la loi exige qu’elle s’inscrive au registre québécois par souci de transparence, a rappelé en entrevue au Journal le commissaire au lobbyisme, Jean-François Routhier.

Sans se mouiller sur Polycor, le commissaire a rappelé les délais de la loi.

«Il y a lobbyisme lorsque l’on fait une communication avec un titulaire de charges publiques en vue d’influencer une prise de décision», a-t-il illustré.

«Dans le cas des lobbyistes d’entreprises ou d’organisations, le délai initial pour s’inscrire au registre est de 60 jours après l’activité», a-t-il détaillé.

Au Journal, Jean-François Routhier a dit que les lobbyistes qui s’inscrivent en retard s’exposent à des poursuites, après une enquête de son organisme.

– Avec la collaboration de Philippe Langlois


White Star à Paris, Immervision à Las Vegas ou encore une rencontre estivale avec son fiduciaire d’alors Michel Ringuet... ce n’est pas la première fois que les relations de Pierre Fitzgibbon avec le privé suscitent des questions.

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