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Oui, on a tous mal à nos placements

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Plusieurs lecteurs se disent anxieux à la vue de leurs placements qui s’étiolent. Il règne sur les marchés financiers une ambiance qui n’a plus rien d’euphorique. Disons que c’est lourd. Faut-il réagir ?

Ç’a commencé par ma mère de 82 ans, qui m’a annoncé qu’elle avait sorti son argent de son fonds d’investissement pour trouver refuge dans les certificats de placement garantis (CPG).

Comme plusieurs d’entre vous, elle s’est étonnée de la vitesse à laquelle son épargne avait perdu des plumes récemment. Elle se croyait à l’abri dans un fonds étiqueté « très prudent ». Elle était partiellement exposée aux actions, mais c’est surtout la forte portion d’obligations de son portefeuille qui lui a fait mal, alors qu’on répète que cela représente le bouclier de protection. 

Pourquoi ça baisse

Le marché obligataire a reculé d’environ 10 % depuis le début de l’année, c’est pire encore si on ne tient compte que des titres de longue échéance. Dans un environnement de hausse de taux d’intérêt, la valeur des obligations en circulation diminue sur le marché secondaire. On n’aurait pas vu pareille dégringolade depuis plus de 40 ans. (On peut se consoler tout de même à l’idée que les nouvelles obligations seront plus généreuses.)

Du côté de la Bourse, ce n’est pas terrible non plus. Tous les grands indices sont en baisse depuis quelques mois. La guerre en Ukraine entretient un climat d’incertitude, la politique chinoise « zéro COVID » perturbe la chaîne d’approvisionnement. Ces deux éléments nourrissent l’inflation, qui à son tour favorise la hausse des taux d’intérêt, ce qui a pesé sur les actions, que tout le monde disait surévaluées.  

Que faire ? Ou ne pas faire ? 

Certains d’entre vous disent vouloir jouer « défensif » et imiter ma mère, du moins le temps que la tempête passe. Pour la même raison, d’autres se demandent s’ils ne devraient pas mettre sur pause leurs cotisations REER automatiques. Que faire ?  

D’abord, un rappel : le marché boursier a été généreux depuis 10 ans. L’indice de la bourse de Toronto a augmenté de 170 %, le S&P 500, de 300 % et le Nasdaq, de 400 %, des chiffres qui incluent la baisse récente. 

Sur la même période, le marché obligataire a produit des résultats moins spectaculaires, mais il a fait sa job en donnant des rendements satisfaisants et en réduisant la volatilité des portefeuilles.

Ceux qui ont investi durant cette décennie n’ont pas perdu une cenne ces derniers mois, ils ont vu leurs gains flétrir un peu. Même ceux qui ont réalisé leurs premiers investissements juste avant la pandémie font des profits.

On s’est peut-être trop habitués à des gains vigoureux, année après année. Historiquement, la Bourse connaît une année négative sur quatre. On est peut-être dû. Il se pourrait donc qu’on subisse encore des reculs prochainement, mais je n’ai pas de boule de cristal.

Ce qu’on traverse actuellement est l’occasion de rappeler ce principe : l’investisseur est récompensé à long terme pour recevoir quelques taloches à court terme.

Ma mère n’a plus l’âge pour ça. 

Le temps de réévaluer

Je ne peux pas dire pour vous. Ça dépend de votre horizon de placement, et si vous avez la couenne dure. C’est le moment de réévaluer votre tolérance au risque. Si vous vous sentez moins à l’aise dans les circonstances, révisez votre portefeuille avec votre conseiller, et augmentez la part de vos liquidités.

Dernier conseil, que je répète à l’occasion : cessez de surveiller les moindres fluctuations de vos avoirs. Ça ne donne rien.

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