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Parti conservateur: malaises, coups bas et demi-vérités

Le premier débat des candidats à la direction du Parti conservateur de jeudi soir n’a pas toujours volé haut

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Photo REUTERS Jean Charest et Pierre Poilievre ne se sont pas fait de quartier au premier débat du Parti conservateur du Canada.

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Pour les amateurs de coups de gueule, le premier débat de la course conservatrice qui a eu lieu jeudi soir aura été un régal. Mais qui dit coup de gueule, dit hyperbole et surenchère. Les candidats n’ont pas hésité à parfois tordre la vérité, escamoter les faits et se lancer dans de grossières exagérations. Le Journal a recensé quelques moments forts du débat qui a mis aux prises Pierre Poilievre, Jean Charest, Leslyn Lewis, Scott Aitchison et Roman Barber, afin de rétablir certains faits. 


Jean Charest a laissé un surplus à... François Legault ?

Jean Charest a offert une petite leçon de révisionnisme historique en abordant son bilan fiscal comme premier ministre du Québec.  

« Je crois au conservatisme fiscal, a-t-il lancé. Le Parti libéral qui m’a succédé, celui de M. Couillard, a laissé un surplus de 8 milliards à François Legault. » 

L’exposé de M. Charest a escamoté un fait important : le gouvernement péquiste de Pauline Marois a succédé au sien pendant 19 mois. François Legault a bel et bien déclaré un surplus budgétaire de 8 G$ en 2018-2019, mais Jean Charest avait quitté le pouvoir depuis 2012. 


La nouvelle fibre religieuse de Jean Charest

« Y a-t-il quelque chose de plus important que la liberté religieuse ? Je ne crois pas. » 

Cette affirmation n’a pas été prononcée par la candidate de l’aile religieuse du parti Leslyn Lewis, mais bien par Jean Charest, qui a beaucoup insisté sur son aversion pour la Loi sur la laïcité de l’État du Québec. Il promet de la contester en Cour suprême le cas échéant, contrairement à son rival Pierre Poilievre. 

Son gouvernement a néanmoins présenté en 2010 un projet de loi visant à obliger ceux qui donnent et reçoivent des services à le faire à visage découvert. Ceci revenait à bannir le voile intégral, comme c’est le cas dans plusieurs pays européens.  


La CBC = la Pravda

Il a beaucoup été question du démantèlement de la CBC. Certains y sont allés très fort, comme Roman Barber, d’origine russe. 

« Je suis né dans l’Union soviétique. Il y avait à l’époque un journal qui s’appelait Pravda, ce qui signifie “la vérité”. Je ne vois aucune différence avec le financement [de la CBC] par l’État », a-t-il plaidé. 

La plupart des candidats, sauf Jean Charest, ont vertement critiqué le travail des médias traditionnels, les qualifiant de gauchistes à la solde des libéraux de Justin Trudeau.  


Capitaine fossile

Les six candidats se sont présentés comme des champions des énergies fossiles qui réussiraient à convaincre les trouble-fêtes : « les politiciens québécois (qui) continuent de s’opposer et de bloquer les projets d’énergie », d’après la modératrice Candice Malcolm.  

« Je supporte le pétrole et le gaz. Je supporte les pipelines. En fait, le dernier pipeline construit au Québec a été construit sous mon gouvernement », a clamé Jean Charest. 

Il faisait référence à l’oléoduc Saint-Laurent d’Énergie Valero, qui relie la raffinerie Jean-Gaulin à Lévis au terminal de stockage et de distribution de Montréal-Est. Il a été mis en service en 2012 après huit ans de chantier. Mais dans la salle, plusieurs ont surtout retenu que M. Charest a imposé une taxe carbone au Québec avant même que Justin Trudeau ne s’y mette. 


Chahuté à cause du convoi

Jean Charest s’est fait franchement huer quand il s’en est pris au convoi des camionneurs qui a occupé la capitale fédérale en février. 

« Ce désordre dont nous avons été témoins est la faute de Justin Trudeau. Mais M. Poilievre a supporté ce blocage illégal. C’est vrai. On ne peut défendre les lois et les enfreindre en même temps. C’est une question de principe », a-t-il lancé, soulevant l’ire de la foule. 

Ses adversaires lui ont répliqué qu’il s’agissait plutôt d’un mouvement de Canadiens inquiets qui se battaient pour leur gagne-pain menacé par les obligations vaccinales. Leslyn Lewis, Pierre Poilievre et Roman Barber ont réitéré fièrement leur appui au mouvement.  


L’avortement sème l’inconfort

Leslyn Lewis, seule candidate anti-avortement, a tenté de forcer ses adversaires à se prononcer sur le sujet. 

Au lieu de se porter à la défense du droit des femmes d’interrompre une grossesse non désirée, Jean Charest a tendu la main aux anti-avortement qui représentent plus d’un tiers de la députation du parti et une part non négligeable du membership. 

« Leslyn, j’ai un profond respect pour votre position au sujet de l’avortement. Je veux dire un mot aux conservateurs sociaux ce soir. Nous pouvons être en désaccord sur certaines choses, mais les gens qui se désignent comme des conservateurs sociaux croient en la famille et en la communauté. Ça me paraît du bien bon monde », a-t-il dit.  


Les absents ont toujours tort

Les modérateurs du débat n’ont pas apprécié que le sixième aspirant à la chefferie conservatrice, le maire de Brampton, Patrick Brown, boude leur évènement. 

« On ne peut que spéculer sur la raison de son absence, nous ne savons pas. Mais nous savons avec certitude que certains Canadiens s’inquiètent que le maire Brown sème la division dans le pays. On lui reproche de manipuler les diasporas pour doper sa campagne », a dit le modérateur Jamil Jivani.  

La campagne de M. Brown cible principalement les communautés culturelles, dont les Sikhs, les Népalais, les Indiens et les Tamouls. Les liens qu’il cultive depuis des années avec ces communautés lui ont permis d’accéder à la chefferie du Parti conservateur de l’Ontario en 2015. 

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