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Un rejet pitoyable du Québec français

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Photo Agence QMI, Élise Lacombe Alexandrah Cardona, présidente du Dawson Student Union lors d’une mobilisation contre le projet de loi 96 hier, au Collège Dawson, à Montréal.

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Les cégépiens anglophones du Québec ont manifesté, hier, contre le projet de loi 96 sur la langue française.

Ils remettront ça le 14 mai avec le Quebec Community Group network (QCGN).

Le droit de s’opposer à quelque loi est fondamental. Bravo pour la politisation, les jeunes. Mais tout observateur a aussi le droit d’analyser et critiquer les arguments mis en avant par les manifestants. Or, ceux-ci ont de quoi choquer.

  • Écoutez l'édito d'Antoine Robitaille lors de la rencontre Foisy - Robitaille diffusée chaque jour en direct 12 h via QUB radio :

Dramatisation

Critiquer une loi implique la plupart du temps une certaine dramatisation.

Mais ici, l’argumentaire confine au délire de persécution. Pas surprenant quand les porte-parole anglophones (Marlene Jennings du QCGN entre autres) carburent à la « nazification » de toute mesure de défense et de promotion du français.

Rappel : au niveau collégial, la loi 96 imposera entre autres la réussite de trois cours de français ou en français. C’est ce qui scandalise au plus haut point les manifestants.

Au collège Dawson, un tract alarmiste circule : le « Bill 96 » ajouterait 5 heures d’examen ; minerait la cote R ; organiserait une « ségrégation » des élèves (anglos « ayant droit » et non anglos) ; nuirait aux Autochtones ; éliminerait les cours complémentaires ; conduirait au congédiement de nouveaux profs.

Tant de malheurs !

Apprendre plus d’une langue, n’est-ce pas une richesse, un geste d’ouverture à l’Autre ? On nous le serine constamment. Mais cela ne vaut manifestement pas quand il s’agit du français à Montréal.

Même si le français est l’unique langue officielle de l’État qui fournit l’éducation ici. Même si cette langue a besoin d’un coup de pouce dans ce continent – et dans ce monde – où l’anglais est ultradominant.

Comme il est fascinant d’ailleurs de voir des dominants se convaincre qu’ils sont des dominés. Leurs « droits fondamentaux » voire leur « avenir » seraient menacés. Parce qu’on veut leur permettre de maîtriser la langue de l’État où ils vivent...

Ce tollé anglo aura au moins tué un mythe : celui des jeunes anglophones bilingues, très à l’aise en français.

  • Écoutez la rencontre Rémi Nadeau et Antoine Robitaille diffusée chaque jour en direct 19 h via QUB radio :

Kelley

Les propos d’un député libéral anglophone, Gregory Kelley, auraient dû nous mettre la puce à l’oreille dès décembre 2019.

À l’époque, Kelley avait déposé le sympathique projet de loi 590 afin d’« instaurer la gratuité des services d’enseignement du français ».

Le jeune député (34 ans alors) fit référence à sa propre expérience. Lui-même, comme Québécois anglophone, avait eu beaucoup de mal à apprendre le français : « J’ai pris des cours à l’Université de Montréal, à l’UQAM, ce n’était pas toujours facile. »

En d’autres termes, les institutions anglophones n’avaient su lui transmettre la langue officielle du Québec. S’il voulait devenir député à Québec comme son père, il devait s’y mettre sérieusement.

Or, si la terrible loi 96 avait déjà été en place, il aurait au moins pu, à son cégep, suivre trois cours « gratuits » de (ou en) français.

Sous la pression du QCGN et des cégépiens, son parti, le PLQ, opta pour la démonisation. Et votera contre avec ostentation, comme s’il s’agissait d’un acte de résistance héroïque. Pitoyable.

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