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Faire du passé le présent: 5 questions au réalisateur de «La mélancolite»

0507 5 Questions
Photo courtoisie, Tou.TV

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Ce n’est pas parce qu’il était atteint de la « mélancolite » lui-même que le réalisateur Arnaud Bouquet a proposé à Bruno Blanchet de retrouver ses personnages mythiques. Il y voyait plutôt l’occasion de montrer leur intemporalité tout en offrant quelque chose de nouveau. S’il a tourné de nombreuses séries documentaires, dont Sexplora, Pot inc, Jeunesse Arabe, Yallah ou Le Dernier glacier et les webséries Trafic ou J’étais là, Arnaud s’est rapidement reconnu dans l’univers unique de Blanchet avec qui il a souvent travaillé aux quatre coins du monde.

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À quel moment es-tu tombé dans l’univers de Bruno Blanchet ?

J’ai rencontré Bruno dans le cadre de l’émission Partir Autrement (TV5) il y a une dizaine d’années. Il était déjà dans la nouvelle phase globe-trotter de sa vie. Nous avons tourné Manger le monde et Les vacances de Monsieur Bruno. Je suis Français d’origine et quand je suis arrivé au Québec à la fin des années 90, un ami m’a initié à La fin du monde est à sept heures. L’univers de Bruno marginal et décalé m’a tout de suite plu. Je n’ai pas connu le Bruno du Studio ou de N’ajustez pas votre sécheuse, mais j’ai fait beaucoup de rattrapage sur YouTube. C’est très DIY. Ce n’est pas périmé parce que tellement intemporel. J’aime le comparer à Charlie Chaplin ou Jacques Tati. Il crée des personnages d’un simple trait de crayon. Il est entré dans l’imaginaire collectif.

Arnaud Bouquet
Photo courtoisie
Arnaud Bouquet

Bruno et Guy (Jodoin) allaient et vont encore très loin à certains égards. Et Bruno mentionne en ouverture d’épisode qu’il y a du vrai là-dedans. Qu’est-ce qui fait qu’en 2022 ce genre d’humour puisse encore fonctionner ?

C’est une signature unique. C’est tellement décalé. Le monde de Bruno est un monde enfantin. Avec ses personnages comme Tite-Dent ou du petit monsieur pas de cou, il parle autant aux enfants qu’aux adultes. Il y a quelque chose de très régressif qui fait passer les choses qui ne passeraient pas autrement. C’est vrai que les gens lui demandent encore de faire ces personnages quand ils le voient. À un moment , Bruno s’est demandé si les gens l’aimaient pour ce qu’il était ou pour ce qu’il est. Le projet est né de l’envie d’être le Bruno d’aujourd’hui. Et lui et Guy ont un timing naturel quand ils sont ensemble. Même quand ça dérape et qu’il y a de l’improvisation, ça mène à quelque chose de juste qu’on a décidé de garder. Vous le verrez dans un épisode bloopers bientôt. Si je me fie aux réactions du public, les fans sont satisfaits.

Vous avez convaincu Anne-Marie Losique de jouer dans la série. Fouki aussi. Qu’est-ce qui fait que tout ce beau monde a embarqué ?

Anne-Marie adore Bruno et a toujours aimé la caricature qu’il a faite d’elle. C’est une femme d’affaires, une femme forte qui a beaucoup d’autodérision. C’est une grande leçon. Le fait qu’elle se venge nous libère. Faire une joke sexiste en ayant Anne-Marie permet un peu de tester les limites. C’était une garantie qu’on irait loin sans faire de mal. Bruno est moqueur, mais jamais méchant. Fouki a un univers fort et Bruno était tombé sur le vidéoclip Gayé. Il a tout de suite pensé à lui pour Vincent. Le hasard a voulu qu’il soit le neveu de notre scripte éditeur Pierre-Michel Tremblay.

Sans retourner au côté boboche de l’époque, qu’as-tu voulu apporter visuellement à la série ?

Avec le directeur photo Yan Ladouceur, on a voulu exploiter le côté western technicolor des années 90 parce que nous sommes sur la route. Nous avions des références très cinématographiques. On tripe sur David Lynch qu’on trouve très drôle. On a aussi créé des archives avec le look de l’époque. Le sketch des nudistes est inédit. Nous lui avons donné le look VHS.

Crois-tu que le fait que Bruno se soit exilé en Thaïlande ait contribué à garder son univers et ses personnages mythiques ?

Bruno est un artiste culte. Le fait d’avoir tiré sa révérence, d’être parti, de s’être mis en danger a certainement participé au mythe Bruno Blanchet. Quand il s’est mis à écrire La frousse autour du monde, il a aussi attiré un autre public. C’est en Thaïlande qu’on a créé Beau bonhomme. Il a touché les gens par son univers décalé et par sa grande liberté quand il est voyage. Il est inclassable.


Disponible sur ICI Tou.tv

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