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La vie riche et insolite de Guylaine Guy

Catherine genest
Photo courtoisie, David Biasiucci

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Journaliste culturelle et cheffe de pupitre numérique au magazine Nouveau Projet, Catherine Genest s’est lancée sur la piste d’une « remarquable oubliée » de la chanson québécoise, Guylaine Guy, pour écrire un excellent roman, La princesse du rythme. Se basant à la fois sur la légende familiale, puisque c’est une parente éloignée, sur des recherches poussées et de nombreux témoignages, elle raconte le parcours inusité de cette femme qui a été la muse de Charles Trenet et qui a chanté avec Louis Armstrong à Paris.

Pour raconter la vie de cette artiste hors normes, au parcours tumultueux, Catherine Genest a choisi d’écrire un roman plutôt qu’une biographie. Elle se glisse dans la peau de Guylaine Guy, emprunte sa voix, parle de son enfance à Montréal, des cabarets du Red Light, de son triomphe à Paris, New York et un peu partout sur la planète. Et puis une fin de vie marquée par la maladie d’Alzheimer, à Trouville, en France.

« C’était la cousine de mon grand-père, Henri Chailler – ma mère est une Chailler. Il est décédé quand j’étais adolescente. Dans la famille de ma mère, tout le monde chante très bien. Je n’ai malheureusement pas hérité de ce talent-là, mais j’ai un côté mélomane. L’histoire de Guylaine Guy et de Colette Bonheur fait partie du folklore familial, du côté des Chailler. C’était des histoires qui m’avaient toujours beaucoup intriguée. »

À la base, Catherine pensait écrire un livre sur la chanteuse montréalaise Colette Bonheur, née Colette Chailler, morte dans des circonstances troubles. 

« Finalement, quand j’ai rencontré Guylaine Guy, j’ai changé mon fusil d’épaule. Guylaine a eu une vie pas mal riche et assez rocambolesque. Je pense que je n’aurais pas pu inventer quelque chose comme ça. »

Elle trouve que parfois, la réalité dépasse la fiction. « C’est vraiment l’impression que j’ai, avec l’histoire et le destin de Guylaine Guy. C’est comme si un roman m’était mis sur un plateau d’argent et qu’il fallait seulement que je retrouve les pièces du casse-tête. »

Les recherches ont été longues. « J’ai commencé le livre en 2016. Ça a pris six ans. C’est un projet de passion que j’ai mené dans mes temps libres et mes recherches m’ont amenée à plein d’endroits vraiment parfois assez insolites. J’ai fait des recherches jusqu’au Brésil, en portugais, pour Guylaine. Ils ont des archives nationales qui sont accessibles à tous. Une amie qui parle le portugais m’a traduit ça. »

Elle a aussi fouillé aux Archives nationales de France pour la radio et la télévision, dans les archives de l’histoire de Broadway, à New York, et dans les archives de Radio-Canada.

Avec Louis Armstrong

Elle a aussi interviewé Guylaine Guy, du temps où elle était encore capable de se souvenir de certaines choses. 

« Je l’ai rencontrée pour la première fois en 2016. La maladie d’Alzheimer commençait sérieusement à s’installer en elle. Elle avait encore des moments de lucidité et je suis vraiment allée les chercher. J’ai complété avec des entrevues de ses amis. Jacques Boulanger a été très présent sur les ondes et il a une mémoire d’éléphant, donc il m’a aidée. Dominique Michel aussi. »

« Ça a été un long travail. Beaucoup de gens m’ont aidée et beaucoup de gens n’ont pas voulu m’aider. J’ai rencontré toutes sortes de personnages, disons, en faisant cette recherche-là ! »

Ce qui l’a étonnée le plus, dans le parcours de Guylaine Guy, a été d’apprendre par Guylaine elle-même qu’elle avait chanté avec Louis Armstrong. 

« C’est ce qui m’a le plus saisie. Tellement que, quand elle m’a raconté ça, je n’y croyais pas, au départ. Finalement, les recherches ont prouvé que ce n’était absolument pas une invention. Guylaine a vraiment vécu ça. Je pense que c’est le truc qui m’a le plus étonnée et le plus impressionnée. Il avait une grande admiration pour elle. »  

  • Catherine Genest a travaillé pour le journal VOIR jusqu’en 2020.  
  • Elle a écrit dans plusieurs magazines en plus de travailler comme recherchiste à Ici Première et Unis TV.  
  • Depuis mars 2022, elle est cheffe de pupitre numérique au magazine Nouveau Projet.    

EXTRAIT  

Catherine genest
Photo courtoisie

« C’était déjà très défini, avant même que je ne passe la frontière. L’avenir, pour moi, n’était pas à Montréal, pas même dans le reste du pays. Marchant dans les pas de mes grands-pères, j’allais descendre la route le long de la côte Est, de Montréal en passant par le Vermont pour me rendre au Massachusetts, avec la plus ferme intention d’y enraciner mes rêves. Si les États-Unis avaient donné une chance à ma mère avant que les femmes artistes du Canada ne se voient autorisées à fouler les scènes, c’est forcément ici que je trouverais satisfaction. On y vivait avec une génération d’avance sur les autres, délestée de l’empire des prudes. Dans les villes d’importance, au moins. »

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