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[Psycho]: Deuil périnatal : «mon bébé est mort dans mon ventre»

Pregnancy. Happy pregnant woman lying in bed and touching her belly at home
Photo Adobe Stock

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Le deuil périnatal n’est pas suffisamment connu de tous. Il représente une toute petite portion des naissances (environ 700 sur près de 89 000 naissances en 2013), mais cela reste un drame pour les familles qui le vivent. Un couple a accepté de raconter la mort fœtale de leur fils, il y a quelques années, et la manière dont ils ont surmonté cette épreuve. 

Mariés depuis près d’un an, Sophie et Patrick ont la fin vingtaine lorsqu’ils décident d’avoir leur premier enfant. Le couple file le parfait bonheur, d’autant plus que la grossesse se déroule à merveille.

«Toutes les planètes étaient alignées pour nous, a raconté Patrick. On commençait dans la vie de la plus belle des façons. On avait tous les deux des emplois stables, un appartement qu’on venait d’acheter, tout était au beau fixe.»

Le bébé grandissait correctement et toutes les échographies étaient parfaitement correctes. Le couple attendait un petit garçon en santé.

À une semaine de sa date d’accouchement, Sophie se lève un matin en sentant que quelque chose cloche, sans pouvoir expliquer exactement ce qui se passe.

«J’ai commencé à ressentir des contractions, avec de fortes douleurs dans le bas du dos, a dit Sophie. On est rapidement partis pour la maternité, je pensais que le moment était arrivé. Une fois sur place, après quelques examens, la sentence est tombée. Mon bébé est mort dans mon ventre.»

Le couple est complètement atterré, aucun signe n’avait pu les préparer à vivre ce cauchemar. Tandis qu’elle doit subir un accouchement provoqué, lui doit annoncer la nouvelle à leur famille. «Non seulement tu perds un enfant que tu attendais impatiemment et sur lequel tu avais bâti des projets et un futur, a expliqué le papa qui a maintenant deux belles grandes filles. Mais, surtout, tu dois affronter le silence en arrivant chez toi. Ma blonde est restée à l’hôpital quelques jours, et je rentrais tout seul. C’était oppressant.»

Le couple a néanmoins pris le temps de passer un petit moment avec leur petit Jules, leur premier enfant.

Les mois qui ont suivi ce drame ont été remplis de crises de larmes, de moments de déprime, d’incompréhensions, mais aussi d’espoir.

«On a rapidement décidé d’avoir un autre enfant, a confié Sophie. Sept mois plus tard, j’étais de nouveau enceinte. Les premières semaines, j’étais assez stressée, j’avais l’angoisse de revivre le même scénario. Étrangement, tout s’est apaisé lorsqu’à l’échographie, on a appris qu’on allait avoir une fille. Le simple fait que ce ne soit pas le même sexe, j’ai eu un déclic, c’était une autre grossesse différente et l’issue allait aussi être différente.»

Malgré les hauts et les bas du deuil, Sophie et Patrick ont traversé cette épreuve ensemble. «Je pense même que ça nous a rapprochés, a confirmé la partie féminine. On en sort grandis, encore plus soudés qu’avant. Il me relevait quand je m’effondrais, et vice versa. On sait que l’on peut compter l’un sur l’autre et qu’on est forts ensemble pour accompagner nos filles.»

Ne pas nier le deuil

Perdre un bébé est une des plus douloureuses expériences que des parents puissent vivre. Lorsqu’un tel drame arrive, il est nécessaire de cheminer à travers le deuil comme pour tout être cher que l’on perd. Le retour à la maison sans son enfant est souvent la période la plus délicate. Se faire accompagner, nommer ses émotions, s’écouter et se soutenir en tant que couple est indispensable. Ensuite, la vie doit reprendre son cours, et chacun doit y aller à son rythme. Pour certains, le retour au travail sera un moyen de se changer les idées, pour d’autres une source de stress supplémentaire. Il existe également plusieurs regroupements de parents et groupes de soutien qui peuvent permettre de partager son expérience, d’aller puiser de l’aide et des conseils.

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