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Simple Plan: un nouvel album contre vents et marées

Simple Plan
Photo courtoisie

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Prêt depuis février 2020, le nouvel album de Simple Plan, Harder Than It Looks, voit enfin le jour. Pour un disque entièrement complété avant l’arrivée de la COVID, certaines nouvelles chansons ont vu leur signification changer complètement. Le Journal s’est entretenu avec le batteur Chuck Comeau sur les deux dernières années mouvementées que le groupe a vécues, incluant le départ du bassiste David Desrosiers.  

Est-ce que la pandémie a teinté la création de l’album ?

« En terme de création, ça n’a absolument rien affecté parce qu’on a écrit et enregistré l’album avant que la pandémie ne commence. Tout était terminé en février 2020, littéralement quelques semaines avant que le monde ne bascule et se transforme. À un certain niveau, ç’a été un beau hasard parce qu’on a été en mesure de faire un album de la bonne façon, ensemble, dans le même studio. Pendant un an avant ça, on avait passé beaucoup de temps à écrire les chansons, Pierre [Bouvier] et moi. On l’a vraiment fait de la façon traditionnelle. » 

« [La pandémie] a influencé notre plan pour la sortie de l’album. On est vraiment fier de l’album. On pense que c’est un de nos meilleurs. La dernière chose qu’on voulait faire, c’était de sortir les chansons et qu’elles se perdent un peu dans le tourbillon de nouvelles. Et aussi de ne pas être en mesure de faire des spectacles et de la promotion, on trouvait que ce n’était pas le contexte approprié. » 

« C’est très bizarre en tant que groupe de rester assis sur du matériel que tu aimes tellement et que tu as hâte de partager. [...] En novembre, on a décidé de commencer à sortir les chansons et la réaction a été incroyable. Le hasard a fait que le pop-punk est redevenu un son qui est plus que jamais à la mode et pertinent. » 

Si l’album était complété avant la pandémie, c’est quand même spécial que vous ayez des chansons dont les titres peuvent faire référence à ce que nous avons vécu depuis deux ans, comme Wake Me Up (When This Nightmare’s Over), The Antidote et Anxiety ? 

« C’est fou à quel point les chansons ont pris comme une autre signification. C’est ça, la beauté de la musique. On n’avait aucune idée de ce qui s’en venait... D’un autre côté, ça montre à quel point tu peux avoir une chanson et l’interpréter de différentes façons. Les événements dans ta vie peuvent changer ta perspective sur certaines paroles. Quand la pandémie est arrivée, on écoutait Wake Me Up (When This Nightmare’s Over) et on se disait qu’on devait la sortir. Après ça, avec la guerre en Ukraine aussi... C’est un peu une toune caméléon. On l’a écrite à l’époque en la gardant un peu vague pour que chaque personne puisse justement se l’approprier et décider ce qu’elle veut dire pour elle. » 

Que signifie le titre de l’album Harder Than It Looks? 

« Ça parle un peu d’être dans un band, de faire une carrière pendant 20 ans, de passer à travers les hauts et les bas. Tu n’as pas le choix, ça arrive à tous les artistes, à tous les gens dans leur vie aussi. Des fois, les gens qui atteignent un certain niveau dans leur discipline, ç’a l’air tellement facile. Mais il y a tellement d’heures, de semaines, de mois, d’années de préparation. C’est plus difficile que ce qu’on croit. » 

Comment avez-vous justement vécu la pandémie depuis deux ans? 

« On a tous des familles maintenant. Quand tout ça a commencé, les écoles ont fermé. J’étais à la maison avec mon fils et c’était du matin au soir. On faisait l’école ensemble. J’ai fait ça avec lui pendant un an et demi. On ne voulait pas le renvoyer à l’école pour plein de raisons. On n’avait aucunement le temps de faire autre chose que de se consacrer entièrement à s’occuper de nos familles. Il y avait des jours faciles, incroyables, magiques, et d’autres plus difficiles. Mais ça m’a permis pendant un an et demi d’oublier le concept d’être “Chuck de Simple Plan”. On était vraiment juste à la maison. Je pense que c’était cool, à un certain niveau, parce qu’en 20 ans de carrière, on n’avait jamais pris de pause comme ça. » 

À l’été 2020, le bassiste David Desrosiers a quitté Simple Plan à la suite de dénonciations pour des inconduites sexuelles. Comment avez-vous vécu cette situation dans le groupe? 

« Ç’a été la situation la plus difficile qu’on n’a jamais eue à gérer en tant que band. C’est quand même quelque chose qui est extrêmement triste. D’un autre côté, on a décidé de se servir de cet événement-là pour essayer tourner ça en positif. On a mis en place plein de mesures et de normes en tournée pour que jamais il n’arrive quelque chose comme ça. Je pense que les fans ont beaucoup apprécié ça et ont vu qu’on était sincères dans cette démarche-là. On a changé beaucoup de personnes avec qui on travaille. Il y a maintenant plusieurs filles sur notre tournée parce qu’on trouvait ça important de prendre ce moment-là et réaliser qu’on peut faire les choses encore mieux. » 

« David a joué sur l’album et on ne va jamais enlever le crédit là-dessus. À l’époque où on l’a enregistré, il faisait partie du band. On ne voulait pas changer ça. » 

Êtes-vous encore en contact avec lui aujourd’hui? 

« Je dirais pas fréquemment, non. » 

Deryck Whibley, de Sum 41, participe à la chanson Ruin My Life. Comment est arrivé cette collaboration? 

« Ça fait plusieurs années qu’on veut travailler avec eux [Sum 41]. On avait commencé à en parler il y a plusieurs années quand on jouait ensemble dans un festival au Japon. Mais le timing n’était pas bon pour eux. En 2021, on a recommencé à parler d’une tournée et c’est là qu’est arrivée la tournée Blame Canada qu’on fait présentement avec eux. Quand on a mis en place les dates, on s’est demandé ce qu’on pourrait faire pour rendre ça encore plus excitant pour les fans. C’est là que l’idée de faire une chanson ensemble s’est développée. » 

Simple Plan fera quelques festivals au Québec cet été. D’autres dates seront-elles annoncées? 

« Ce n’est pas encore officiel, mais on regarde pour revenir au Québec à l’automne. On devait faire une tournée avec The Offspring cet hiver, qu’on n’a pu faire à cause d’Omicron. On regarde pour la refaire avec eux. Ça devrait être annoncé bientôt. » 

Votre premier album, No Pads, No Helmets... Just Balls, fête ses 20 ans cette année. Qu’est-ce qui explique la longévité du groupe? 

« D’abord, on se sent très privilégiés que notre musique soit encore importante pour tant de gens, 20 ans plus tard. C’est vraiment spécial. Ce n’est pas nous qui décidons si un album est encore d’actualité ou intemporel. C’est vraiment le public, les fans. On a été extrêmement chanceux de voir à quel point cet album fait encore partie des vies de plein de gens. On a fait un disque qui a marqué beaucoup de gens. La musique que tu écoutes ado, c’est souvent celle qui te suit pour le reste de ta vie. Cet album semble avoir défini la jeunesse de bien des gens. Le fait qu’ils sont encore attachés à ces chansons-là, c’est merveilleux pour nous. » 

Quelle est la place de Montréal pour Simple Plan en 2022? 

« Montréal, ça demeure les quartiers généraux de Simple Plan. C’est vraiment là que le band est né. On a une connexion extrêmement spéciale avec cette ville-là. C’est vraiment le berceau du band. Dans toute notre façon d’approcher notre carrière, le Québec a toujours été une exception. Il y a quelque chose de très unique. On veut faire des choses cool juste pour le Québec. C’est comme une place à part. Peu importe où l’on va habiter physiquement, ça ne va pas changer. » 

« Seb [Lefebvre] et Jeff [Stinco] sont encore à Montréal. De mon côté, ma femme vient de Los Angeles, comme celle de Pierre. On passe donc beaucoup de temps là-bas. Mais j’ai un fils de six ans et demi et pour moi, c’est extrêmement important qu’il connaisse la culture d’où je viens. On passe tous nos étés au Québec. On vient aussi passer les vacances d’hiver, pour voir nos grands-parents, la famille, les cousins. Il y a vraiment une sorte d’amour pour cette ville-là. C’est mes racines, c’est de là que je viens. Ça ne va jamais changer. Avec le band, on a tous ça en commun. » 


Le nouvel album de Simple Plan, Harder Than It Looks, est disponible. officialsimpleplan.com.

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