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Le plomb associé à un faible rendement au secondaire

L’exposition à ce métal lourd nuit au parcours scolaire des élèves selon une étude

Dans le réseau scolaire, des tests de qualité de l’eau ont été réalisés dans toutes les écoles à partir de la fin 2019. À l’école primaire de l’Oasis, à Québec, 38 points d’eau sur 41 étaient non conformes, mais la situation a été corrigée depuis.
Photo Didier Debusschere Dans le réseau scolaire, des tests de qualité de l’eau ont été réalisés dans toutes les écoles à partir de la fin 2019. À l’école primaire de l’Oasis, à Québec, 38 points d’eau sur 41 étaient non conformes, mais la situation a été corrigée depuis.

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L’exposition au plomb chez les enfants, même à de très faibles concentrations, nuit à la réussite scolaire jusqu’à la fin du secondaire, selon une toute nouvelle étude québécoise sur le sujet.

Cette recherche a été réalisée à partir des données de l’Étude longitudinale du développement des enfants du Québec (ELDEQ), qui a permis de mesurer la concentration de plomb dans le sang (appelée « plombémie ») d’une cohorte d’enfants de 10 ans en 2008.  

Leur parcours scolaire a par la suite été documenté jusqu’à la fin du secondaire. 

Ces données ont permis d’établir que l’exposition au plomb est associée à une augmentation de l’inattention et de l’hyperactivité, ce qui entraîne un moins bon rendement et des retards dans le parcours scolaire qui peuvent mener jusqu’au décrochage. 

«Le plomb affecte le comportement qui lui, affecte le rendement scolaire», résume Gina Muckle, professeure à l’École de psychologie de l’Université Laval qui a supervisé cette étude.

L’impact est documenté même si les concentrations observées dans la quasi-totalité des cas sont bien en deça du seuil recommandé, ajoute Claudia-Béatrice Ratté, qui a réalisé cette recherche dans le cadre de sa maîtrise à Université Laval. 

«Même avec des concentrations de plomb très très faibles, on voit quand même un impact», dit-elle.  

Le taux moyen de concentration de plomb dans le sang des enfants de 10 ans était de 1,1 microgramme par litre, soit bien en-dessous des 5 microgrammes recommandés.  

Les enfants les plus exposés présentaient des taux de 7 microgrammes, mais la plombémie de plus de 95% des jeunes se situait sous le seuil recommandé. 

«Ce que nos données démontrent, c’est qu’il n’y a pas de seuil sécuritaire. Dans une perspective de prévention, si on veut mettre toutes les chances de notre côté pour que nos enfants fonctionnent le mieux possible, il faut retirer le plus possible les sources d’exposition dans l’environnement», affirme Mme Muckle.  

Le plomb agit sur le cerveau, plus particulièrement sur le système nerveux, qui est en plein développement chez les enfants. «C’est ce qui en fait une population beaucoup plus à risque», souligne Claudia-Béatrice Ratté. 

Plus ou moins de plomb maintenant?

Même si les concentrations de plomb ont diminué dans l’environnement depuis les années 90, il est toutefois difficile de savoir si le niveau d’exposition au plomb chez les enfants a réellement diminué parce que la source d’exposition a changé, explique la professeure de l’Université Laval. 

Maintenant, ce sont principalement les tuyaux qui amènent l’eau à la maison, à la garderie et à l’école qui sont en grande partie responsables de l’exposition au plomb chez les jeunes. 

«Ces tuyaux vieillissent et les petites particules de plomb se retrouvent dans l’eau. Cette source d’exposition n’a pas diminué pour les enfants qui demeurent dans des maisons construites avant les années 90», dit-elle. 

Dans le réseau scolaire, des tests de qualité de l’eau ont été réalisés dans toutes les écoles québécoises au cours des dernières années. Tous les points d’eau devraient être conformes d’ici la prochaine rentrée, a indiqué cette semaine le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. Dans certains cas, les élèves devront toutefois encore laisser couler l’eau avant de la boire. 

Mais il n’y a pas que dans les écoles où on doit se préoccuper de la qualité de l’eau, ajoute Mme Muckle. 

«S’il y a du plomb dans le réseau d’aqueduc d’une vieille école à Limoilou et que l’élève vit dans une maison à quelques coins de rue, c’est la même eau et l’enfant est doublement exposé. Ce n’est pas un problème qui doit être pelleté juste dans la cours du réseau de l’éducation», affirme-t-elle, tout en soulignant qu’il s’agit toujours d’un «problème actuel de santé publique».  

Le plomb dans l’eau  

Concentration maximale acceptable   

  • 5 microgrammes par litre (norme fédérale adoptée par Québec)    

Concentration moyenne observée lors de l’étude  

  • 1,1 microgramme par litre  

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