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Un thriller psychologique passionnant

Johana Gustawsson
Photo courtoisie, Bruno Levy

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Étoile montante du polar, la romancière française Johana Gustawsson a rapidement fait la conquête de son lectorat avec ses intrigues palpitantes, pleines de rebondissements, où il est question, en plus, de féminité et de maternité. Elle revient cette année avec un suspense se déroulant en partie au Québec, Te tenir la main pendant que tout brûle. L’héroïne du roman, l’inspectrice Maxine Grant, est appelée sur une scène de crime affreuse dans le village fictif de Lac-Clarence.

L’histoire se déroule en trois temps : en 2002, en 1949 et en 1899, au Québec et à Paris, et fait référence à de nombreux faits historiques.

En 2002, Maxine Grant roule à toute vitesse pour se rendre sur une scène de crime au Lac-Clarence, petite municipalité du Québec. L’ancienne institutrice du village, une femme appréciée de tous, a assassiné son mari. Sur place, Maxine fait des découvertes étranges.

À Paris, en 1899, Lucienne Lelanger refuse d’admettre la mort de ses filles dans un incendie. Elle intègre une société secrète, en espérant que le spiritisme et la magie noire l’aideront à les retrouver.

Toujours au Lac-Clarence, en 1947, une jeune fille prénommée Lina a une adolescence mouvementée. Sa mère, espérant la calmer, lui demande de faire du bénévolat dans une maison de repos où elle travaille, la Mad House. Elle y rencontre une patiente bizarre.

Le Québec

Johana Gustawsson dit qu’elle a visité Montréal une fois, pendant quelques jours, et n’a pas eu le temps de visiter le Québec. 

« J’ai connu le Québec à travers une de vos auteures, qui est devenue une très grande amie, que j’aime beaucoup : Roxanne Bouchard. On est publiées par la même maison d’édition pour les États-Unis et les droits anglais. »

En hommage à la culture québécoise, la romancière a donc décidé que son roman allait se passer au Québec et a pu compter sur Roxanne pour savoir « comment parler du Québec au mieux ». 

« Après, on est au Québec, mais ce que j’ai aimé, c’est de pouvoir parler de la francophonie, de la langue française, tout en étant ailleurs. C’est un exotisme formidable pour moi, Française, et je pense que pour les lecteurs, c’était pareil. Le Québec, c’est un peu le rêve, pour nous, Français ! » 

La maternité 

Par ailleurs, la mère de trois enfants (dont des jumeaux !) souhaitait aborder la question de la maternité, à travers cette histoire. 

« Ça a été très dur pour avoir des enfants. Je suis passée par la fécondation in vitro et ça a été toute une aventure. On vit toutes la maternité de façon différente et j’avais envie de parler de l’amour sous toutes ses formes : qu’est-ce qu’on est capable de faire pour ses enfants. On fait du mieux qu’on peut – il n’y a pas de mères parfaites, il n’y a que des mères suffisamment bonnes et c’est ce que Maxine essaie d’être. Et toutes les femmes, à leur manière. »

« Ce qui est intéressant pour Maxine, c’est qu’elle est tout à la fois : elle est mère d’une adolescente, elle vient de perdre son mari qu’elle aimait plus que tout et en même temps, c’est quelqu’un qui a été très seule pour élever ses enfants. Elle a une carrière et a un boss qui n’a pas d’enfants et ne comprend rien à ce que c’est que d’élever une famille. »

Johana Gustawsson ajoute qu’elle avait envie d’aborder toutes ces facettes de la maternité, de parler du corps qui change quand on devient maman, quand on vieillit. 

« La beauté, l’esthétisme, ça passe avant tout par l’amour de soi. Le personnage de Gina parle beaucoup de ça. C’est un livre en hommage aux femmes et pour les femmes, pour qu’on arrive à s’entraider et à moins s’écraser. »

  • L’écrivaine Johana Gustawsson s’est fait un nom sur la scène du polar international en seulement trois romans.
  • Sa série Roy et Castells a été cédée en 11 langues et est en cours d’adaptation télévisuelle. La profileuse dans cette série est Québécoise et s’appelle Émilie Roy.
  • Elle habite en Suède.

EXTRAIT

Johana Gustawsson
Photo courtoisie

« Ma voiture quitte la route goudronnée et tangue comme une barque mise à flot. Je navigue entre les nids-de-poule en donnant de francs coups d’accélérateur. Bordel de merde. Les pneus crissent en écrasant les pierres enduites de givre. Ils crachent la boue sur les bas-côtés puis se redressent en crépitant. La bâtisse des Caron se tient au bout de cette allée caillouteuse, droite comme un I, creusée au cœur d’un bois aussi dense qu’une toison. Plantée au centre d’une clairière enneigée, elle ressemble à la pupille d’un œil mort : fixe, sombre et cerclé de blanc. »

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