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Des cellules tueuses qui préviennent les métastases

3D Rendering of NK Natural Killer Cell Attacking Cancer Cell
Illustration Adobe Stock

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Le traitement d’une tumeur ne parvient pas toujours à éliminer les cellules cancéreuses qui ont migré dans d’autres organes et qui ont le potentiel de former des métastases. Une recherche récente montre que ces cellules cancéreuses résiduelles peuvent être maintenues dans un état de dormance en favorisant la croissance des cellules immunitaires dites tueuses naturelles.

Un obstacle majeur à la guérison durable de plusieurs cancers est la présence de cellules cancéreuses résiduelles qui se disséminent à partir de la tumeur primaire et s’établissent dans des organes distants. Ces cellules cancéreuses sont présentes dans un état stationnaire et sont cliniquement indétectables, mais peuvent resurgir de façon imprévisible, parfois plusieurs années plus tard, sous forme de métastases qui compromettent la survie des patients.  

Puisque ces métastases sont la principale cause de décès des patients atteints d’un cancer, la compréhension des facteurs responsables de ce réveil des cellules cancéreuses résiduelles revêt une importance clinique considérable.

Microenvironnement inhibiteur

Les cellules cancéreuses qui sont disséminées dans l’organisme contiennent de multiples anomalies génétiques et devraient donc, en théorie, pouvoir progresser rapidement pour former les métastases. 

La longue période de dormance qui est souvent observée avant l’apparition de ces métastases (parfois plus d’une dizaine d’années pour le cancer du sein, par exemple) suggère donc que le microenvironnement tissulaire dans lequel se trouvent ces cellules cancéreuses agit comme un frein à cette croissance. 

Un de ces freins est la surveillance immunitaire réalisée par une classe de lymphocytes appelés cellules tueuses naturelles (natural killers) ou lymphocytes NK. Ces cellules, très abondantes dans le sang (de 5 à 16 % de tous les lymphocytes), possèdent la particularité de pouvoir attaquer et détruire rapidement les cellules anormales, comme les cellules cancéreuses, sans nécessiter l’activation de l’immunité cellulaire par un antigène. 

Plusieurs observations suggèrent que les lymphocytes NK sont particulièrement réactifs envers les cellules métastatiques (1), ce qui en fait des candidats de choix pour maintenir les cellules cancéreuses résiduelles dans un état de dormance et prévenir le développement des métastases.

Réservoir de lymphocytes NK

Les résultats d’une étude récente abondent en ce sens et suggèrent que la présence d’un réservoir de lymphocytes NK parvient à bloquer le développement de métastases provenant de cancers du sein au niveau du foie, un organe fréquemment colonisé par ces cellules cancéreuses (2).  

Les chercheurs ont observé que la présence de cellules métastatiques s’accompagne en parallèle d’une augmentation des lymphocytes NK au niveau de cet organe, ce qui maintient les cellules cancéreuses dans un état dormant et prolonge la survie.  

Cependant, ils ont découvert avec surprise que certaines cellules du foie sont capables de réduire cette population de lymphocytes NK, ce qui permet aux cellules cancéreuses de progresser rapidement sous forme de métastases.  

Ces mécanismes antagonistes sont à l’œuvre dans les cancers humains, car l’analyse de biopsies a révélé que la quantité de ces cellules permissives est étroitement corrélée avec la présence de métastases dans cet organe.

Un des points les plus importants de l’étude est que les chercheurs ont observé que l’administration d’une molécule qui préserve le réservoir de cellules tueuses à des niveaux élevés maintient les cellules cancéreuses dans un état latent et bloque ainsi la formation de métastases.  

Ces résultats ouvrent donc la porte à une nouvelle forme révolutionnaire d’immunothérapie, dans laquelle le maintien de la population de lymphocytes NK au niveau des organes colonisés par des cellules cancéreuses permettrait de maintenir ces cellules cancéreuses résiduelles dans un état dormant, sans danger pour la survie des patients. 


(1) López-Soto A et coll. Control of metastasis by NK cells. Cancer Cell 2017 ; 32 : 135-154.

(2) Correia AL et coll. Hepatic stellate cells suppress NK cell-sustained breast cancer dormancy. Nature 2021 ; 594 : 566-571.

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