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Immigrants: welcome, bienvenue!

Le manque de main-d’œuvre a des conséquences à plusieurs
Photo d'archives Le manque de main-d’œuvre a des conséquences à plusieurs niveaux pour le transformateur de volailles Exceldor qui est constamment en mode embauche comme à l’usine de Saint-Bruno-de-Montarville (photo).

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Précisons d’abord que proportionnellement à sa population, le Québec reçoit plus d’immigrants que les États-Unis et la France.

On sait que nous manquons actuellement de main-d’œuvre au Québec et que le Conseil du patronat du Québec et l’association des Manufacturiers et Exportateurs du Québec réclament à cor et à cri une augmentation impérative du seuil d’immigration pour compenser la rareté de la main-d’œuvre.

Depuis des années, le Québec tente de contrôler son immigration afin d’assurer sa propre survivance en français. Or nous savons que pour recevoir de nouveaux immigrants, les coûts sociaux, linguistiques et économiques ne peuvent être ignorés.

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WELCOME, BIENVENUE

Le Québec francophone n’est pas une société portes ouvertes à tous. D’ailleurs, tous les pays occidentaux, y compris le Canada, contrôlent par des lois le flux d’immigrants. Avec plus ou moins d’efficacité, il faut le dire.

Le monde des affaires semble peu sensible aux retombées d’une immigration qui risquerait de perturber davantage l’équilibre entre la majorité francophone et la minorité anglophone du Québec. L’objectif de viser le chiffre de 80 000, voire 90 000 nouveaux arrivants par an alors que nous en recevons présentement 40 000 est lancé comme une évidence. Aux yeux du monde des affaires, il semblerait que l’on réglerait la grave pénurie actuelle de main-d’œuvre.

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Or selon les données de l’Institut de la statistique du Québec, il y aurait plutôt 240 000 postes vacants à pourvoir. D’où il faut conclure que le chiffre de 80 000 serait déjà très loin de régler le problème.

Comment donc le milieu des affaires peut-il écarter les obstacles liés à la fois à l’intégration sociale, à l’apprentissage du français et aux limites de l’offre du logement ? On parle de crise dont on sait qu’elle est restreinte et surtout accessible uniquement aux plus riches ?

LA RÉALITÉ

Comment pouvons-nous garantir que les nouveaux travailleurs aient accès à des médecins, que leurs enfants accèdent à une éducation publique de qualité et que tous les services décrits dans des publications officielles soient à leur portée ? On connaît déjà la gabegie qui existe dans les différents ministères impliqués par l’immigration.

Mais la pensée magique existe dans le monde des affaires. Trop souvent, les nantis ont tendance à croire que l’on n’a qu’à penser comme eux. D’où l’arrogance de certaines élites politico-économiques sans trop de conscience sociale.

Il est désolant de constater que le mot « argent » rime avec le mot « anglais ». Le Québec inc. a perdu la mémoire. Aujourd’hui, ses membres ont scotomisé (comme disent les psychiatres) un fait historique. C’est que, sans l’aide de l’État québécois nationaliste et progressiste incarné par Jacques Parizeau et les grandes figures emblématiques de la Révolution tranquille, la bourgeoisie économique francophone n’aurait pu émerger pour accéder au pouvoir réservé jadis aux anglophones.

L’immigration nouvelle doit être encadrée et réglementée. Sinon, il sera impossible de prévenir la désorganisation de nos grandes institutions publiques et d’empêcher la dérive trop rapide de la langue française, dont on ne peut nier le déclin.

Si la société québécoise doit perdre son âme, sa langue et sa culture pour que triomphe l’économie du moment, ouvrons donc grandes nos portes à tous les exilés de la terre pour que nous atteignions dans quelques décennies le chiffre de cent millions d’habitants dont rêvent des politiciens modernes au Canada, le pays de tous les paradigmes.

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