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Coincé dans l’onde de choc de la crise énergétique en Europe

Le Québec totalement impuissant face aux contrecoups de l’invasion de l’Ukraine

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Photo Agence QMI, Toma Iczkovits Un camionneur remplit le réservoir de son camion de diesel, dans une station Petro-Canada, sur la Rive-Sud de Montréal.

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Alors que l’Europe vit une crise énergétique comparée par certains au choc pétrolier de 1973, le Québec, qui raffine 100 % du diesel qu’il consomme, doit tout de même vivre avec les répercussions de la hausse des prix de l’or noir. 

« Un organisme comme l’OPEP peut décider de mettre plus ou moins de pétrole sur le marché, mais un François Legault n’a aucun impact, par exemple », résume Johanne Whitmore, chercheuse principale à la Chaire de gestion du secteur de l’énergie à HEC Montréal.

Le Québec compte deux raffineries, celle de Suncor à Montréal et celle de Valero à Lévis, qui produisent davantage de diesel que ce qui est consommé chez nous. 

« C’est ça le capitalisme »

Mais le prix de marché est international et les raffineries vendent à ce prix. 

« Elles ne font pas de rabais pour les acheteurs québécois », rappelle Pierre-Olivier Pineau, professeur et titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie à HEC Montréal.

Comme l’Europe souhaite remplacer environ le tiers de son approvisionnement en pétrole qui vient de Russie, la pression est forte.

« Les raffineries de la côte est des États-Unis sont très tentées d’exporter à fort prix leur diesel en Europe », concède Louis-Philippe Gariépy, directeur principal, Affaires publiques et gouvernementales chez Énergie Valero, qui possède la raffinerie de Lévis. 

Les gens « n’aiment pas entendre qu’on le paye cher ici, même si on le produit localement », dit-il, mais « c’est ça pareil ». 

« C’est ça le capitalisme », ajoute Mme Whitmore. 

Plus d’exportations

Elle rappelle que les pétrolières et les raffineries sont des entreprises « privées » qui vont toujours faire ce qui les avantage en matière de rentabilité.

« Si c’est avantageux, l’entreprise va le faire dans le cadre de ce qui est permis légalement », précise la chercheuse. 

La rareté du diesel sur la côte est américaine crée donc une rareté au Québec, qui en exporte davantage qu’à l’habitude.

« On le vend soit directement en Europe ou sur la côte est », confirme M. Gariépy. 

« Ils sont capables d’aller chercher un meilleur prix et ils le font », résume Johanne Whitmore

En mars dernier, le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire, a déclaré que la crise énergétique actuelle marquée par une flambée des prix est « comparable en intensité, en brutalité, au choc pétrolier de 1973 ».

Ce que nuance quelque peu Jean-Thomas Bernard, qui est professeur au département de science économique de l’Université d’Ottawa. 

« Je n’anticipe pas un choc pétrolier, car les producteurs pétroliers n’ont pas, comme à l’époque, l’intention de baisser la production », dit-il. 

Le prix du baril de pétrole n’est toutefois pas près de descendre, selon l’expert, et les Québécois vont continuer à payer leur essence et leur diesel aux prix actuels, voire à des prix plus élevés. 

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