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S'attaquer aux graffitis: c’est nécessaire

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Chaque fois que je me promène à Montréal, outre les déchets, mon œil de criminologue est immanquablement attiré par les graffitis et le délabrement urbain. Pourquoi ? Parce que le délabrement et la saleté entraînent une diminution du sentiment de sécurité. 

C’est la fameuse théorie du « broken windows policing », bien connue en criminologie, qui se résume ainsi : le délabrement, la saleté, les désordres, les comportements déviants et la petite criminalité, lorsqu’ils ne sont pas traités, engendrent l’émergence d’une criminalité plus grave dans un quartier. 

En 2020, 1033 méfaits liés à des graffitis ont été rapportés par le SPVM. On compte 78 arrestations. Ce qui n’est que la pointe de l’iceberg. S’attaquer aux graffitis n’est donc pas une vue de l’esprit ou un simple caprice. C’est nécessaire. 

D’ailleurs, en tant que ville touristique qui a la prétention de vouloir rayonner à l’international, quoi de plus important pour Montréal que la sécurité et la propreté ?

La responsabilité des arrondissements

La pire des politiques est celle qui utilise la « règle » pour rester dans l’inaction. Dans le cas du nettoyage des graffitis, la responsabilité relève des arrondissements. C’est la règle ! Il n’existerait donc pas de politique ni de responsable pour la gestion de ce dossier à la Ville. L’enlèvement des graffitis est laissé au bon vouloir des arrondissements, qui doivent faire face à des contraintes budgétaires. 

Bien que certains arrondissements soient plus épargnés que d’autres, il n’en demeure pas moins que certains sont des premiers de classe, et d’autres traînent la patte.  

Et la Ville dans tout cela ?

Que fait la Ville pour remédier à cette variation des efforts ? Rien, puisque cela ne relève pas de son champ de compétence. Qui a bien pu établir cette « règle » ? Ne peut-elle vraiment pas être revue ? Pourtant, d’autres modèles existent dans le monde. À New York, c’est le bureau du maire et le département sanitaire de la Ville qui sont impliqués dans le programme Graffiti-Free NYC créé en 1999 par la New York City Economic Development Corporation, un organisme à but non lucratif. À Paris, c’est la mairie qui offre ce service gratuit d’enlèvement des graffitis. Les citoyens peuvent appeler pour demander un nettoyage et cela se fait en quelques heures. 

Alors, qu’attend la Ville de Montréal pour donner un coup de main aux arrondissements ?  

Faire sa part

Si l’on veut sortir victorieux de cette bataille du graffiti, les actions gagnantes sont les suivantes : signa-ler et enlever ou couvrir. Autrement dit, un graffiti doit être rapidement et systématiquement signalé dès son identification afin qu’il soit enlevé ou couvert par une peinture murale. Cet exercice d’enlèvement et de recouvrement peut se faire en partenariat avec des patrouilles de police. Ce qui permet d’attraper les graffiteurs. 

En somme, la collaboration des citoyens et des commerçants est fondamentale, particulièrement pour le signalement, car la sécurité est l’affaire de tous. 

Faites votre part : signalez ! C’est gratuit.

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