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Un président nouveau pour un peuple nouveau?

Le président français Emmanuel Macron
Photo AFP Le président français Emmanuel Macron

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Samedi dernier, Emmanuel Macron a prononcé son discours d’investiture. Réélu pour cinq ans, il se présente comme un président nouveau, comme si ce n’était plus nécessairement le même homme qui allait gouverner la France.

On suppose quand même qu’Emmanuel Macron a une vision de la France suffisamment cohérente pour vouloir poursuivre les réformes engagées depuis 2017.

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Mandat

Mais on gardera à l’esprit que l’homme qui s’est présenté comme le maître du en-même-temps n’aime pas se laisser enfermer dans une doctrine, et que mis à part son adhésion résolue au projet européen, dont il embrasse désormais une formulation clairement fédéraliste, on ne lui connaît pas de convictions fortes, structurant son engagement au-delà des événements.

D’ailleurs, sa campagne du deuxième tour, en avril dernier, clairement à gauche, contredisait celle du premier, menée plutôt à droite.

Il faut dire qu’Emmanuel Macron s’est réclamé récemment de l’extrême-centre. La formule, qui pouvait passer pour une boutade, n’en était pas moins une confession. Autour de lui, Emmanuel Macron entend rassembler toutes les tendances politiques «légitimes», de la gauche écologiste à la droite bonapartiste.

André Malraux, ministre du général de Gaulle, disait qu’entre les gaullistes et les communistes, il n’y avait rien. Emmanuel Macron semble dire qu’entre lui et ce qu’il appelle «les extrêmes», il n’y a rien non plus.

Une telle vision du débat public programme inévitablement une crise démocratique, puisqu’elle vient abolir la possibilité de l’alternance.

On comprend donc que la référence au président nouveau est là pour libérer Emmanuel Macron de tout engagement antérieur pour qu’il puisse construire son mandat tel qu’il entend, ce qui n’est pas étonnant de la part d’un homme hanté par la tentation du roi-philosophe.

Peuple

Plus étonnant: il se présente comme l’homme d’un peuple nouveau. Qu’entendait-il par-là? Parlait-il d’un peuple à ce point transformé par les vagues démographies récentes qu’il n’est plus le même?

Ou d’un peuple qui connaîtrait en soi une mue d’identité politique sous son œuvre?

Rien n’est moins aisé à prévoir que le prochain quinquennat d’Emmanuel Macron.

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