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Angèle Dubeau se confie à Richard et Sophie

Angèle Dubeau se confie à Richard et Sophie
MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

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La violoniste de grand talent Angèle Dubeau s’est confiée comme elle l’a rarement fait au cours de sa carrière, au micro de Richard Martineau et de Sophie Durocher.

Dans un nouvel épisode du balado d’Apéro piquant, elle s’est notamment rappelé le commentaire, peu habile, d’un journaliste qui avait écrit, il a près de 50 ans: «elle joue merveilleusement, elle joue comme un homme». Encore trop jeune pour comprendre l’essence de cette phrase, Angèle Dubeau l’a cependant longtemps gardé en tête.

Aujourd’hui, la violoniste qui a fondé l’ensemble féminin La Pietà, composé de 12 musiciennes, se dit fière et «heureuse de jouer comme une femme». Son ensemble avec qui elle collabore pour ses disques et tournées célèbre d’ailleurs son 25e anniversaire vendredi à la maison symphonique. «Aujourd’hui quand je réalise qu’il y a 25 ans de La Pietà, je trouve que c’est un beau pied de nez à lui faire à ce journaliste», a-t-elle souligné.

Septième d’une famille de huit enfants, la violoniste a commencé à jouer à l’âge de quatre ans et à fréquenter le conservatoire à huit ans. Mais le mot prodige a toujours été banni de son vocabulaire. «Oui j’ai commencé jeune et oui je n’étais pas dépourvue, ça va de soi, le talent était là et tout, mais comme dans toute chose, il y a le travail. Et j’ai travaillé fort. J’étais une bucheuse. Je travaillais très fort mon instrument. Il n’y a rien de gratuit», a-t-elle dit au micro de Richard et Sophie.

Sur les plateformes d’écoute, Angèle Dubeau bénéficie d’un succès certain. Elle cumule entre autres plus de 22 millions d’écoutes sur la pièce Spiegel im spiegel, parue sur le mini album Arvo Pärt : Portrait, en 2010.

Au cours de son entretien avec le couple Martineau-Durocher, la musicienne a aussi admis que malgré tout l’amour qu’elle porte à sa musique et a son instrument, un Stradivarius de 1733 désigné patrimoine national québécois depuis les années 1970, le violon a parfois été lourd dans sa vie, mais que c’est la tournée et la conquête d’un nouveau public qui lui a permis de garder les pieds sur terre.

En 1981, alors qu’elle étudiait en Roumanie sous le régime dictatorial de Nicolae Ceaușescu, elle s’est rappelé avoir dormi avec sa tuque et ses mitaines en pleins hivers parce qu’il n’y avait pas de chauffage ni d’eau chaude, mais aussi que la nourriture était infecte et que sa chambre était truffée de micro.

Et si elle est restée aussi longtemps dans ce pays sous ce régime, c’est par amour de la musique. Elle a aussi confié qu’à cette époque, elle avait envie de «brasser» ses amis roumains qui avaient cessé de rêver. «Je me suis vite rendu compte qu’il fallait mieux ne rien dire, et je ne pouvais rien faire de toute façon. C’était une dictature incroyable», a-t-elle ajouté.

La musicienne a dit d’ailleurs qu’elle ressentait l’émotion des gens, dans le silence et l’émoi quand elle est sur scène et c’est ce qui la nourrit. «Quand je joue, j’essaie d’imaginer que mon son va autour de chaque personne, faire un gros “hug” à tout le monde. Je veux les envelopper avec mon son de violon. Moi en retour je reçois leur bonheur. Je le vois, mais je le ressens», a-t-elle souligné.

Angèle Dubeau et son ensemble célèbreront le 25e anniversaire de La Pietà le vendredi 13 mai à la Maison symphonique de la Place des Arts.

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