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Dans la gymnastique, des scandales de maltraitance à répétition

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Aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Australie et désormais au Canada... Le monde de la gymnastique est secoué depuis plusieurs années par des révélations en cascade dénonçant des décennies de violences physiques et psychologiques à l’entraînement et levant le voile sur une «culture toxique».

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L’affaire ayant le plus bouleversé la gym récemment est sans conteste l’énorme scandale Larry Nassar, du nom de l’ex-médecin de l’équipe américaine. 

L'ancien médecin de l'équipe américaine de gymnastique, Larry Nassar
AFP
L'ancien médecin de l'équipe américaine de gymnastique, Larry Nassar

En 2018, cet ancien ostéopathe et thérapeute a été reconnu coupable d’avoir agressé sexuellement au moins 265 gymnastes de haut niveau et a été condamné à des peines cumulées d’au moins 140 ans de prison. Parmi ses victimes figurent plusieurs championnes olympiques, dont la superstar Simone Biles. 

Simone Biles
AFP
Simone Biles

Depuis cette affaire sans commune mesure, des gymnastes du monde entier se sont exprimées pour dénoncer des pratiques abusives, mettant au jour une «culture toxique» au sein de leur discipline. 

Dernier exemple en date, des gymnastes canadiennes ont attaqué mercredi leur fédération en justice pour avoir toléré un climat d’abus et de maltraitance pendant des décennies. Cette action survient un peu plus d’un mois après qu’un groupe de plus de 70 gymnastes eut publié une lettre ouverte pour dénoncer une «culture toxique et des pratiques abusives qui persistent dans le monde de la gymnastique au Canada». 

En août 2020, c’est la gym néo-zélandaise qui connaissait une série de plaintes pour abus physiques et psychologiques ayant eu des conséquences mentales et physiques à long terme.

Fondation d’éthique 

En février 2021, en Grande-Bretagne, 17 anciennes gymnastes ont lancé une action en justice contre leur fédération. Elles reprochaient notamment à leurs entraîneurs «un usage inapproprié et généralisé de la force physique» et une application «injustifiée» de techniques de contrôle de leur poids.

En mai de la même année, la gym australienne a été visée par un rapport accablant sur la pratique de la gymnastique au cours des dernières décennies: des corps tordus à l’excès pour les faire gagner en souplesse, des agressions sexuelles, des adolescentes humiliées car toujours trop grosses... 

Peu de temps avant, d’anciens gymnastes grecs, hommes et femmes, avaient écrit à la présidente de leur pays, racontant avoir également subi des maltraitances «s’apparentant à de la torture». 

En 2019, dans la foulée de l’affaire Nassar, la Fédération internationale (FIG) a créé une «Fondation d’éthique de la gymnastique», organe indépendant chargé entre autres des cas d’abus et d’agression.

Sollicitée par l’AFP, la FIG a expliqué avoir aussi «développé de nombreuses initiatives» depuis 2018 pour assurer la protection des gymnastes. 

L’instance dit avoir notamment renforcé son Code de conduite et avoir convié les fédérations nationales à une grande conférence en ligne en octobre 2020 «pour partager des idées et méthodes permettant d’instaurer un environnement d’entraînement sain».

La FIG a également développé une campagne de sensibilisation intitulée les «10 règles d’or de la gymnastique» et instauré des «safeguarding officers» pour toutes les compétitions internationales.

La Fédération assure aussi que plusieurs entraîneurs ont été suspendus ou exclus pour pratiques abusives ces dernières années. 

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