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En attendant le prochain Daniel

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Le 9 août 1995, Daniel Desrochers est frappé par l’explosion d’une voiture piégée alors qu’il circule sur un trottoir dans l’est de Montréal. Dans les jours qui suivent, le garçon de 11 ans succombe à ses blessures, victime innocente de la guerre des motards.

La mort de Daniel a enclenché au niveau politique une vraie offensive pour démanteler les groupes de motards criminalisés. Triste à dire, mais tout indique que présentement, nos élus attendent le prochain Daniel pour agir.

L’an dernier j’avais dénoncé un projet de loi fédéral qui réduisait les peines pour les crimes par armes à feu. Lorsque Justin Trudeau a déclenché son élection hâtive l’automne dernier, ledit projet de loi n’était pas encore adopté. Il est donc mort au feuilleton.

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Moins sévère

Croyez-le ou non, ce projet de loi pour adoucir les peines des criminels est si important pour Justin Trudeau qu’il a été redéposé en priorité dans la nouvelle législature. Il porte maintenant le numéro C-5 pour illustrer qu’il est au cœur des changements que veut implanter le gouvernement Trudeau.

Vous vous indignez des fusillades à répétition qui font trembler les gens de Laval ? Vous ne pouvez pas croire qu’on tire en plein jour dans des quartiers résidentiels lorsque des enfants se trouvent à proximité ? Vous entendez des élus aux bulletins de nouvelles qui expriment leur volonté d’agir en faisant une face désolée théâtrale ? 

 

Arrêtons de jouer aux cons. Vos élus fédéraux travaillent de façon proactive pour simplifier la vie à divers types de criminels. Parmi eux, les gens qui commettent des crimes par armes à feu. L’explication du gouvernement : il y a trop de représentants des minorités visibles qui se retrouvent en prison. Pour réduire ce nombre, la justice doit être moins sévère avec certains types de crimes.

Attention, le gouvernement Trudeau ne met pas en place un plan d’action pour améliorer les conditions socioéconomiques de différents groupes pour les garder en dehors de la criminalité. Il change la loi pour que celle-ci soit moins sévère une fois les crimes commis. Ainsi, les statistiques sur la présence de certaines communautés en prison vont s’améliorer. Le problème, c’est qu’on ne parle pas de crimes mineurs. 

Sur le terrain...

Pendant ce temps, la violence par armes à feu dans le grand Montréal prend des proportions inimaginables. Les gangs s’affrontent sur la place publique, ils se tirent dessus en plein jour. Parfois, ils se trompent de cible et un individu innocent reçoit des projectiles.

Un vieux pro de la lutte au crime organisé a eu le courage de se rendre à Ottawa pour crier son désarroi face à l’intention d’assouplir la loi. André Gélinas a fait une présentation solide sur l’aberration d’abolir les peines minimales au moment où des groupes criminels jouent du fusil en pleine rue.  

Selon l’expert, ces criminels se battent pour le contrôle d’un territoire afin d’y tirer un profit maximal de la drogue et de la prostitution.  

Pauvres petits, la justice est trop dure pour eux !  

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