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Plus de 40 ans de cinéma pour Léa Pool

Léa Pool
Photo Chantal Poirier La réalisatrice Léa Pool, 71 ans, fait l’objet d’une rétrospective présentée ce mois-ci à la Cinémathèque québécoise.

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L’œuvre de la cinéaste Léa Pool est à l’honneur ce mois-ci à la Cinémathèque québécoise avec la présentation de 13 de ses longs métrages de fiction réalisés de 1980 à 2006, dont Anne Trister, Emporte-moi, Maman est chez le coiffeur et La passion d’Augustine. Le Journal est allé à sa rencontre.

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Une rétrospective, c’est forcément une belle occasion de dresser un bilan de carrière?

«Oui, et je ne cacherais pas que je ressens une certaine fierté à avoir accompli ces films-là à travers le temps, et parfois même envers et contre tous. Je remercie la Cinémathèque de prendre la peine de me donner cet espace. C’est une superbe opportunité pour moi, qui arrive à une période où je n’ai pas encore dit “c’est fini”.»


Vous serez sur place pour présenter la majorité de vos films. En quoi cette rencontre avec le public est-elle importante pour vous?

«Je peux bien parler de mon parcours et de mon processus créatif, mais ce qui m’intéresse surtout, c’est de savoir ce que les gens qui ont vu mes films en retiennent, et pourquoi. Ce que je trouve aussi intéressant dans cet exercice, c’est qu’il y a quand même beaucoup de jeunes qui ont vu mes derniers films, mais qui ne connaissent rien des longs métrages que j’ai tourné au début de ma carrière, il y a 40 ans.»


Les cinéastes ont souvent du mal à revoir certains de leurs films. Est‐ce aussi votre cas?

«Il y a certains de mes films que j’aime beaucoup qui n’ont pas eu de succès. Et il y en a d’autres, en revanche, qui ont eu beaucoup de succès, mais que j’aime moyennement. Le plus difficile pour moi, c’est d’essayer de ne pas être trop sévère avec certains films et d’être trop généreuse avec d’autres. J’essaie d’avoir un regard assez aimant sur chacun d’entre eux, comme on pourrait l’être avec ses enfants, en me disant que chaque film a sa raison d’être. Il y en a dont je suis le plus fière, c’est sûr. Mais ils respectent tous la personne que j’étais au moment où je les ai faits.»


Le thème de la mère absente revient souvent dans vos films, notamment dans Maman est chez le coiffeur...

«C’est quelque chose qui vient de mon enfance. J’ai vécu dans un orphelinat [en Suisse] jusqu’à l’âge de trois ans, même si j’avais encore un père et une mère. Ce sont mes vrais parents qui sont venus me chercher à trois ans. Ensuite, à la maison, ma mère travaillait beaucoup et était donc toujours absente. Elle n’avait pas le choix, parce c’est elle qui ramenait l’argent à la maison. Ce n’est pas un reproche, mais ç’a été vécu par moi comme un très grand vide.»


Vous avez souvent travaillé avec des jeunes actrices qui n’avaient pas ou peu d’expérience à l’écran. On pense notamment à Karine Vanasse dans Emporte-moi...

«J’ai toujours aimé travailler avec les jeunes parce qu’il y a, en eux, une malléabilité et une innocence qui sont extraordinaires. C’est ça qui est tellement frappant avec Karine dans Emporte-moi. Elle est tellement à fleur de peau. Tu la vois rougir, tu vois sa peau changer. En prenant de l’expérience, les acteurs acquièrent une certaine maîtrise. Mais moi, j’aime bien quand ce n’est pas totalement maîtrisé.»


En 2004, vous avez réalisé Le papillon bleu, une production internationale ambitieuse mettant en vedette William Hurt. Quelle place occupe ce film dans votre cœur?

«J’ai fait ce film beaucoup pour ma fille. Elle avait six ans au moment du tournage. Je l’ai élevée seule et elle me voyait partir travailler sans savoir vraiment ce que je faisais comme métier. Je lui ai dit : cette fois-ci, tu vas venir sur le plateau. Elle a été présente pendant tout le tournage au Costa Rica et ça lui a permis de comprendre ce que je faisais. Ensuite, quand j’arrivais à la maison avec différents montages du film, elle me disait : ah, maman, tu as supprimé telle scène, moi, je l’aimais bien. C’est vraiment un film que j’ai fait pour ma fille et ses amies.»


La rétrospective Léa Pool est présentée du 17 au 31 mai à la Cinémathèque québécoise.

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