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Deuil national de 48 heures à Cuba

Deuil national de 48 heures à Cuba
AFP

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Tout Cuba est en deuil, à la suite de la terrible explosion de l’hôtel Saratoga, survenue le 6 mai dernier dans la vieille Havane. Vendredi en soirée, une vigile a été organisée dans le parc de la Fraternité, face à l’hôtel Saratoga, et une minute de silence a été observée à 21h. Des moments émouvants, comme vous pouvez l’imaginer. 

Au moment où j’écris ces lignes, on déplore la mort de quarante-six personnes, majoritairement d’humbles travailleurs de l’hôtel. On a pu finalement retrouver dans les décombres le dernier corps. Certains blessés, soignés dans des hôpitaux de la capitale, sont dans un état critique. Pendant six jours, les pompiers et le personnel de la Croix-Rouge ont poursuivi leurs recherches sans relâche, jour et nuit, dans l’espoir de retrouver des survivants. Les secouristes ont travaillé dans des conditions extrêmement difficiles, non seulement à cause de la chaleur, mais parce qu’il fallait s’assurer préalablement que d’autres sections de l’hôtel ne s’effondrent, car une grande partie des structures ont été affectées.

Cuba est donc en deuil et ça se voit et s’entend. Ici et là, on a déployé des drapeaux cubains qui pendent des balcons. Des émissions de variétés ont été annulées, des galas ont été remis à plus tard. Et surtout, on n’entend plus, en se promenant dans la rue, les musiques et les chansons romantiques et sirupeuses qui me plaisent tant. C’est comme une consigne qui va de soi. On s’abstient de faire jouer à plein volume sa boîte de son, par respect pour les défunts et leurs familles. Le même phénomène s’était produit lors de la mort de Fidel, mais en plus grand. Je vous l’ai déjà dit, le peuple cubain forme une grande famille tissée serrée et tout le monde connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un qui...

¡Viva Mexico!

Aussi, cette semaine, je ne vous parlerai pas de sujets olé olé, mais non moins intéressants: la première visite à Cuba du président mexicain, Andrés Manuel López Obrador, mieux connu sous AMLO. 

Le Mexique entretient, depuis toujours, des relations étroites avec Cuba, même s’il s’agit de deux systèmes politiques différents, l’un capitaliste et l’autre socialiste. Le Mexique a été le seul pays de toute l’Amérique latine, au sud des États-Unis, à ne pas obéir, en 1962, à l’ordre de l’OEA (Organisation des États américains, une création des États-Unis pour mieux contrôler son arrière-cour) de rompre les relations diplomatiques et commerciales avec l’île socialiste, tous les autres pays s’empressant d’obtempérer aux ordres. Un geste courageux de la part du pays aztèque. Il faut aussi se rappeler que c’est du Mexique que sont partis, à bord du bateau Granma, en novembre 1956, les 82 expéditionnaires, dont Fidel, Raul et le Che, pour tenter de renverser le dictateur Batista.

Voilà que son président, AMLO, a déclaré, au terme de sa visite à Cuba, que si le président américain Jo Biden maintenait sa décision d’exclure Cuba, le Venezuela et le Nicaragua du 9e Sommet des Amériques, à se tenir en juin prochain à Los Angeles, il s’abstiendrait d’y participer et n’enverrait qu’une délégation ministérielle. Un véritable pied de nez aux politiques d’ingérence de l’empire étatsunien qui considère encore et toujours l’Amérique latine comme son arrière-cour. «Personne n’a le droit d’exclure d’autres pays, a déclaré tout simplement AMLO. Ce Sommet, au contraire, c’est l’occasion de tous nous réunir.» Et non pas de diviser pour mieux régner. 

Quelques heures plus tard, le président bolivien Luis Arce adoptait la même position que son homologue mexicain. Et de deux!...

Ah! Si seulement le premier ministre canadien Justin Trudeau avait la même colonne vertébrale que celle du président mexicain pour se tenir debout devant son maître de la Maison-Blanche! 

Rappelons que la Ville de Québec avait accueilli le 5e Sommet des Amériques, en juin 2005. La police avait utilisé une quantité incroyable de gaz lacrymogène pour disperser les milliers de manifestants. Bilan: plus de 400 blessés et autant d’arrestations.

Festival du cinéma européen de La Havane

Pour les cinéphiles qui visiteront La Havane prochainement, signalons que le 5e Festival du cinéma européen se tiendra du 18 au 29 mai prochain. On y projettera gratuitement – à Cuba, la culture est accessible à tout le monde –, dans deux cinémas de la capitale, 22 longs métrages et 4 documentaires, tous de production récente, qui donnent une bonne idée de l’état actuel du cinéma dans 24 pays du vieux continent. Un événement parrainé par l’Union européenne qui, elle, a décidé de ne pas exclure Cuba de son programme culturel. Bravo!

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