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Nouveau roman d'Edem Awumey: entre la colère et l’espoir

Edem Awumey
Photo courtoisie, Jean-Marc Carisse

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Edem Awumey raconte la route du coton par le biais d’un huis clos à la fois fascinant et troublant, parce qu’il touche à la réalité. L’action débute dans une ville africaine, quelque part entre la côte atlantique et le Sahel.

Un planteur de coton, Toby Kunta, prend en otage un journaliste berlinois dans la salle d’exposition d’un musée. Il demande un dédommagement substantiel pour lui-même et pour un groupe de paysans ruinés par la production de coton transgénique.

«J’avais envie d’écrire sur le coton et sur cette injustice qui continue d’être faite à des paysans, pas seulement en Afrique et en Asie. Même en Europe, même au Canada où on se trouve, chaque jour, des paysans manifestent parce qu’on ne leur achète pas leurs produits au prix juste», commente cet écrivain à la plume puissante, magnifique et sincère.

«Il y a des gens qui vont bloquer des voies ferrées pour se faire entendre. Et quand même, ces gens-là nourrissent le monde, dans le sens que leur sort est, pour beaucoup, vraiment injuste.»

Les injustices

Edem Awumey a également fait le constat que bien des injustices traversent le temps, traversent les siècles. 

«Mon but n’était pas nécessairement de parler de l’esclavage historique. De temps en temps, on trouve Winnie et Samuel Brown dans cette histoire. C’est qu’il y a un esclavage historique qui fait écho à quelque chose de dramatique qu’on vit également au présent. On parle beaucoup de l’esclavage des enfants. Au moment où on se parle, il y a des gamins qui triment dans des filatures quelque part en Asie, au Bangladesh ou ailleurs pour que nous portions de beaux habits ici.»

Toutes ces idées ont été à la base de la construction du roman, mais Edem Awumey voulait aussi avoir une pensée pour ses grands-parents au Togo. 

«C’est un rapport entre l’enfance que j’ai pu vivre, enfant, pendant mes vacances, dans les champs avec mes grands-parents, là-bas au Togo, et la réalité aujourd’hui.»

«C’est un questionnement sur ces gens de la Terre qui, même s’ils n’avaient pas grand-chose et s’ils n’ont pas grand-chose, eh bien, savent se contenter de peu. C’est un questionnement sur les firmes qui, même si je ne les nomme pas dans le roman, viennent faire des grandes promesses à ces gens-là.»   

  • Edem Awumey est né au Togo et a élu domicile à Gatineau en 2005.  
  • Il est l’auteur de plusieurs romans, dont Port-Mélo (Gallimard, 2006 ; Grand Prix de littérature de l’Afrique noire).  
  • Il a publié également Les pieds sales (en lice pour le prix Goncourt), ainsi que plusieurs autres romans.  
  • Son œuvre est traduite en plusieurs langues, dont l’anglais, l’espagnol et l’allemand.    
Edem Awumey
Photo courtoisie

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