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Des centaines de manifestants protestent contre la loi 96 à Montréal

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Des milliers de manifestants ont fait le trajet, samedi matin, entre le Collège Dawson et le bureau montréalais du premier ministre François Legault afin de protester contre le projet de loi 96, qualifié par certains de «discriminatoire» et de «totalitaire».

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«Bill 96 has got to go! [Le projet de loi 96 doit disparaître]», a scandé la foule à de nombreuses reprises. 

Les manifestants étaient venus exprimer leur désaccord avec le projet de loi réformant la loi 101 dans divers domaines, dont ceux de l’éducation, des services publics et des affaires. 

 «C’est comme employer un marteau pour tuer une mouche. Ce n’est pas du tout nécessaire», a affirmé Andrew Caddell, président du Comité spécial sur la politique linguistique, qui possède plus de 1500 membres. 

L’événement était organisé notamment par le Quebec Community Groups Network, qui regroupe plusieurs organisations anglophones de la province.

La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, était présente à la manifestation avec quelques députés de son parti. 

«[Le projet de loi 96] va beaucoup trop loin. François Legault divise les Québécois», a-t-elle affirmé. 

«Ce projet de loi sépare les gens. Un vrai leader est supposé unir tout le monde», a mentionné, pour sa part, Barton Goodleaf, membre du conseil de bande de Kahnawake.

«Que Legault le veuille ou non, nous allons être entendus. Mais nous n’allons pas permettre que cela affecte notre communauté», a-t-il précisé.

Cette semaine, plusieurs leaders des Premières Nations ont demandé que leurs communautés soient exemptées du projet de loi 96 lors d’une rencontre à l’Assemblée nationale. Le gouvernement a fermé toutefois la porte à une telle exception.

Langue de service

«Je n’aurai pas le droit de parler en anglais à des appelants qui sont anglophones ou qui voyagent au Québec. Ça me préoccupe», a exprimé Dave Hamelin-Schuilenburg, qui est répartiteur de services d’urgence.

Par le projet de loi 96, le français deviendra la seule langue parlée dans tous les services publics, incluant les soins de santé.

Celui-ci stipule également que les cégépiens des cégeps anglophones devront suivre trois cours en français. Les «ayants droit», c’est-à-dire les élèves issus des réseaux primaire et secondaire anglophones, pourront de leur côté opter pour trois cours de français.

Selon Baharak Fatholahzadeh, présidente du Syndicat des professeurs du Collège Marianopolis, cette modification rend anxieux bien des enseignants collégiaux.

«Le ministère de la Justice impose des changements aux programmes sans consultation avec le ministère de l'Enseignement supérieur et nos syndicats», a affirmé la professeure de physique.

Mme Fatholahzadeh, qui parle farsi, allemand et anglais, a précisé qu'elle avait honte de la qualité de son français, dix ans après être arrivée à Montréal.

«Je voudrais enseigner en français, mais je ne pense pas que ce serait une bonne idée pour mes étudiants [rires]. Mais pour moi, ce serait une leçon de français magnifique», a-t-elle précisé.

Contre-manifestants

Le cortège a été reçu, en fin de parcours, par un groupe d’étudiants en faveur du projet de loi 96 qui souhaitait promouvoir la langue française à travers la musique. 

Notamment, des chansons de Gilles Vigneault, d’Hubert Lenoir et des Cowboys Fringants ont résonné sur la rue Sherbrooke, devant l’Université McGill.

«Le but est d’accueillir les manifestants dans notre langue qu’on aime tant. C’est hyper pacifique, ça montre qu’on est rassembleurs», a fait valoir Florence Beaudoin, étudiante de l’UQAM.

Le Service de police de la Ville de Montréal n’a signalé aucun incident lors de la manifestation.

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