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Toujours se méfier des apparences

0514 WE Liane Moriarty
Photo courtoisie, Nic Walker

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Après Le secret du mari ou Petits secrets, grands mensonges, l’écrivaine australienne Liane Moriarty nous offre Set et match ! Et dans ce septième roman traduit en français, on ne tardera pas à découvrir que tous les coups sont permis !

En 2019, la romancière australienne Liane Moriarty a pris une sympathique décision : quels que soient les projets entrepris au cours de l’année, ils devaient absolument lui apporter une bonne dose de joie ! Elle a donc tenu à écrire, bien sûr, mais pas un nouveau roman. Plutôt des nouvelles.

« Du coup, j’ai demandé à ma sœur de m’envoyer des suggestions pour me lancer », explique-t-elle par courriel, les 12 heures de décalage entre le Canada et l’Australie ne facilitant pas les entretiens téléphoniques. 

« Elle m’a fait parvenir par texto quelques lignes décrivant un vélo couché sur le bord de la route avec des pommes qui avaient roulé sur le sol juste à côté, poursuit Liane Moriarty. C’est devenu la scène d’ouverture de Set et match !, car il s’avère que je ne suis pas douée pour les histoires courtes et que la rédaction de romans me procure de la joie ! »

Mais que faire d’un bon début si on n’a aucune idée de la suite, si les grandes lignes de l’histoire n’ont pas encore été tracées ? Le problème a vite été résolu. 

« J’ai découvert les balados relativement tard et, comme beaucoup de gens, j’ai commencé par écouter des balados de true crime, confie Liane Moriarty. Malheureusement, il y a eu plusieurs cas où, à la suite de la disparition d’une femme, son partenaire était le suspect le plus évident. Et souvent, cet homme était quelqu’un que les gens décrivaient comme un père aimant. Je me suis alors demandé ce que je ressentirais en tant qu’adulte si ma mère disparaissait et que la police soupçonnait mon père de l’avoir tuée. J’ai pensé que c’était une prémisse intéressante parce qu’il est toujours difficile de voir nos parents comme des êtres humains ordinaires et imparfaits, et encore plus comme des personnes capables de meurtre. »

Place à la fiction

Après avoir dirigé leur propre école de tennis et vécu ensemble pendant plus d’un demi-siècle, Stan et Joy Delaney seront ainsi confrontés à... comment dire... à une crise assez grave. Pour formuler les choses simplement, Joy a disparu. Personne ne sait où elle pourrait se trouver, pas même ses quatre enfants – qui ont tous franchi le cap de la trentaine.

Amy, Brooke, Logan et Troy n’ont cependant pas l’intention d’en rester là. Ils tiennent à savoir ce qui est arrivé à leur mère, d’autant plus que leur père a sur le visage deux longues griffures qu’il prétend s’être faites en allant récupérer une balle de tennis dans un fourré. 

À d’autres, oui. Ces griffures ressemblent surtout à des traces de lutte, et Stan sera rapidement soupçonné. Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer pour que ce couple d’anciens champions de tennis en vienne là ?

Pour le découvrir, il faudra d’abord revenir quelques mois en arrière, jusqu’à cette froide soirée au cours de laquelle une parfaite inconnue blessée au visage est venue sonner à leur porte. 

« J’avais lu un article rapportant un incident du genre, précise Liane Moriarty. Une jeune femme s’était présentée chez un couple de personnes âgées, tard dans la nuit, pour demander de l’aide. Ils l’ont laissée passer la nuit chez eux et n’ont malheureusement pas été récompensés pour leur gentillesse... L’apparition d’un mystérieux étranger n’est évidemment pas un procédé littéraire nouveau, mais je ne l’avais encore jamais utilisé auparavant. »

Monter au filet

Ce qui est intéressant, avec ce septième roman de Liane Moriarty, c’est la façon dont il est raconté. 

Au lieu de toujours donner la parole aux mêmes narrateurs, l’autrice a préféré faire régulièrement intervenir des gens (serveuse, chauffeur de taxi, esthéticienne, femme de ménage, etc.) qui, à un moment ou un autre, seront amenés à croiser l’un des membres du clan Delaney. 

« J’avais fait quelque chose de similaire dans mon tout premier roman, Trois vœux, ajoute Liane Moriarty. Et pour une raison quelconque, je me suis retrouvée à le faire à nouveau avec celui-ci. Je crois que j’aime l’idée de voir mes personnages à travers les yeux de personnes extérieures à l’histoire. Ça permet de faire un zoom arrière sur le récit ! »

Petit à petit, on pourra ainsi constater à quel point tout n’était pas si rose que ça au sein de cette petite famille de sportifs. Ce qui est d’ailleurs
la marque de fabrique de Liane Moriarty : nous permettre d’entrer dans l’intimité de celles et ceux qu’elle met en scène et bang, nous surprendre en dévoilant des choses qu’on n’aurait jamais soupçonnées !

0514 WE Liane Moriarty
Photo courtoisie

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