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Nouveau roman d'Agnès Ledig: faire la paix avec le passé

Agnès Ledig
Photo courtoisie, Eric Matheron Balay

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Est-ce que deux êtres cabossés par la vie peuvent faire la paix avec le passé et envisager un bel avenir, avec confiance et sérénité? Écrivaine des émotions, de la résilience, des grands sentiments, Agnès Ledig explore ces thèmes profondément humains et tellement d’actualité dans son nouveau roman, La toute petite reine. L’histoire d’Adrien et Capucine, deux jeunes qui ont traversé de grandes difficultés, touche les lecteurs en plein cœur.

L’histoire débute un matin à Strasbourg. Adrien, maître-chien, la trentaine, est appelé à la gare pour un colis suspect. Son chien, Bloom, mi-berger allemand mi-malinois, est hypersensible et ressent que quelque chose ne va pas avec Capucine Claudel, venue récupérer sa valise oubliée. Pas de bombe... mais une tristesse énorme.

Est-ce l’effet du hasard, une coïncidence extraordinaire ou un coup du destin? Adrien et Capucine se retrouvent quelques jours plus tard dans la salle d’attente du cabinet d’un couple de psychiatres. Il semble qu’ils ont tous les deux pris les moyens de surmonter de graves blessures émotionnelles.

Adrien n’arrive pas à oublier l’histoire de cette jeune femme. En fait, il n’arrive pas à l’oublier, elle. Se pourrait-il qu’une union lumineuse naisse de leurs vies difficiles?

Agnès Ledig, romancière sensible et empathique, nous entraîne dans l’histoire de ces deux êtres attachants qui ont vécu des événements dramatiques et cherchent à les surmonter, à en sortir grandis.

«C’est un roman qui s’est inscrit en moi après un accident de voiture qu’on a eu, mon mari et moi, en 2015. Pendant une semaine, je n’ai pas dormi parce qu’on a failli mourir tous les deux et, à la maison, il y avait notre grand qui venait d’avoir 18 ans, et qui gardait sa petite sœur qui avait 6 ans. Pendant une semaine, je me suis dit : si on était morts, quelle aurait été leur vie?»

Le thème du sacrifice

Agnès a eu envie de raconter ça, en abordant le thème du sacrifice. «Capucine qui s’occupe de sa petite sœur après la mort de ses parents, ça vient de là», dit-elle. 

Elle a choisi un personnage masculin qui est maître-chien. 

«Je suis fascinée par les chiens dressés pour la recherche d’explosifs, la recherche de personnes. Ça me permettait de compléter le tableau du sacrifice puisqu’Adrien, quelque part, fait une forme de sacrifice aussi dans sa présence militaire au Mali, dans son accident. J’avais envie d’aborder le thème du sacrifice à travers deux personnages différents.»

En parallèle, elle a intégré son thème favori : «les gens qui se rendent compte qu’ils se font la courte échelle pour pouvoir en sortir. Ça s’y prêtait bien.»

Consulter quand ça va mal

Ses deux personnages principaux ont traversé de graves traumatismes. Écho aux nombreux traumas causés par la pandémie? «Tout à fait. Il y a aussi toute une dimension de suivi psy et j’avais envie d’aborder ça, cette importance que peut avoir une consultation chez un psy pour s’en sortir.»

«En fait, ils se font la courte échelle parce qu’ils se rencontrent, mais aussi parce qu’ils ont le soutien d’une personne neutre qui leur permet d’ouvrir les yeux sur leur propre fonctionnement. C’est intéressant de se rendre compte, un jour, à quel point ça peut être utile de consulter et d’avoir une personne neutre qui vous aide à voir la vie autrement.»

Agnès Ledig a elle-même consulté un certain nombre de thérapeutes depuis le décès de son fils, avec des techniques différentes. 

«Maintenant, c’est devenu quelque chose de tout à fait normal : quand je sens que ça ne va pas trop, je reprends rendez-vous et ça fait du bien de parler à quelqu’un qui n’est pas impliqué émotionnellement et qui a des outils professionnels pour t’accompagner. Je le fais régulièrement et j’encourage mon entourage à le faire.»  

  • Agnès Ledig a exercé le métier de sage-femme en France pendant plusieurs années.  
  • Elle se consacre à l’écriture depuis 2015.  
  • Elle a publié plusieurs albums jeunesse et huit romans, dont les succès Se le dire enfin, Juste avant le bonheur et Pars avec lui.    

EXTRAIT  

Agnès Ledig
Photo courtoisie

« Elle pense à ce rendez-vous chez le psychiatre prévu la semaine suivante, condition à sa sortie des urgences. Cette réticence à s’y rendre. Pour raconter quoi ? Elle s’est débrouillée jusque-là. Ce n’est pas un psy qui va changer le cours des événements. Encore moins faire revenir ses parents.

Elle préférerait courir encore.

Encore, encore, encore.

Courir plutôt que se confier. »

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