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La réussite du plus grand nombre

Claude Lessard
Photo tirée du site CSE.gouv.qc.ca Claude Lessard, l’ancien président du CSE, voudrait en finir avec l’école sélective.

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Est-ce si déraisonnable de vouloir que tous les enfants, ou presque, puissent accéder à un diplôme d’études secondaires et de souhaiter qu’un grand nombre obtiennent un diplôme d’études supérieures ?

Le mouvement L’École ensemble propose de mettre un terme aux écoles et aux projets sélectifs, de revenir à l’école de quartier sans sélection et de financer à 100 % les écoles privées qui s’inscriront dans cette logique.

Pour les écoles qui poursuivraient la sélection de leur clientèle, le financement direct ou indirect de l’État cesserait.

Le mouvement veut asseoir l’école sur les missions fondamentales d’un système éducatif. En l’occurrence, éduquer et instruire tous les enfants.

Les dernières décennies ont, au contraire, fait vivre une éducation d’élite, ont contribué à accroître les inégalités et ont laissé en plan près de 40 % des élèves.

Rendre l’école intéressante pour tous, viser de nouveaux sommets de diplomation et abandonner le moins d’enfants possible à eux-mêmes sont des objectifs nobles poursuivis par le mouvement L’École ensemble, et ils ne méritent pas d’être qualifiés de nivellements vers le bas !

Les experts

Je n’étais pas surpris d’apprendre que Claude Lessard, ancien président du CSE et professeur émérite de l’Université de Montréal, assume la présidence du mouvement L’École ensemble.

Claude compte parmi mes héros en éducation, tant par les connaissances accumulées au fil de sa longue carrière que par son cadre de valeurs et son souci de cohérence.

Contrairement aux pseudoconnaisseurs, l’ancien président du CSE appuie ses propos sur la recherche et l’analyse tout en ne faisant pas une religion des données probantes.

Il a démontré à maintes reprises par le passé que la concurrence des écoles privées avec le réseau public, la multiplication de projets particuliers sélectifs dans les écoles et les palmarès n’ont pas permis d’élever les seuils de diplomation et ont créé plus de perdants que de gagnants.

Tout porte à croire que ceux qui veulent maintenir un système d’éducation à trois
vitesses le font pour préserver leurs privilèges tout en se foutant d’apporter du bien-être à tous les enfants.

Les propos de Lessard feront moins de bruit que ceux de Gregory Charles. Pourtant, il a la qualité d’expert et il se révèle beaucoup plus pertinent !

Peu d’espoir de changement

La proposition du mouvement L’École ensemble s’inscrit en droite ligne avec la Révolution tranquille et la création du ministère de l’Éducation. Elle suggère de compléter l’élan qui animait les acteurs de la commission Parent.

Leur proposition est osée parce qu’elle comporte un lot de frustrations pour les privilégiés du mode de fonctionnement actuel.

Malheureusement, l’éducation s’avérera un faible enjeu électoral l’automne prochain. Ce serait très surprenant de voir des politiciens mettre leur tête sur le billot pour construire une école pour tous dans un monde où l’individualisme triomphe pour accaparer les ressources qui se raréfient.

Je connais toutefois la persistance de Claude Lessard et de Stéphane Vigneault, coordonnateur du mouvement. Ils finiront par entraîner un changement durable. 

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