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Le danger de mourir sans testament

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Je suis une femme de 76 ans qui se retrouve le cul sur la paille après le décès de mon conjoint avec qui j’ai partagé les quinze dernières années de sa vie. Après dix ans de veuvage, j’ai rencontré un homme dont je suis tombée amoureuse. Tous deux dans la soixantaine, on s’est fréquenté pendant un an avant qu’il ne se mette à insister pour que j’aille vivre avec lui dans sa petite maison de banlieue. Handicapé par un accident de travail, il était séparé de sa femme, la mère de ses enfants, depuis cinq ans. Il avait besoin de soins quotidiens, et comme j’avais assisté ma mère pendant les dernières années de sa vie, je me suis mise à disposition pour faire pareil avec lui.

Ce ne fut pas facile de me faire accepter par ses enfants et petits-enfants, vu que son ex les avait convaincus que j’entrais dans la vie de cet homme pour profiter de son argent, ce qui n’était pas du tout le cas. Au fil des ans sa santé s’est dégradée, mais je n’en ai pas moins pris soin jusqu’à la dernière minute quand il a été hospitalisé quelques jours avant sa mort.

Quelle ne fut pas ma surprise à la lecture du testament d’apprendre que sa femme, dont il n’était pas divorcé légalement, et ses enfants, devenaient les héritiers légaux de tous ses biens, incluant la maison où j’habitais avec lui. Il ne me restait plus qu’à plier bagage avec mes effets personnels quand ils l’ont mise en vente.

J’ai eu beau faire valoir une lettre dans laquelle il affirmait me laisser certains de ses meubles et la moitié de la valeur de sa maison, comme ce n’était pas un document officiel, ça n’a pas été reconnu par le notaire. Ce qui revient à dire que le temps et l’énergie que j’ai consacrés à cet homme pour lui permettre de se rendre en fin de vie, ça a compté pour des prunes, comme le dit si bien la chanson.

Vous toutes mesdames qui vous dévouez sans compter pour l’homme que vous aimez, méfiez-vous de ses belles paroles qui ne sont qu’un leurre pour vous piéger comme je l’ai été moi-même. Je suis amère et ça ne m’aide pas à faire mon deuil sereinement.

Flouée par un système malhonnête

Je dois corriger l’impression donnée par votre signature, car vous n’avez pas été flouée par un système malhonnête. Vous avez plutôt payé la note pour un conjoint qui a omis de remplir les conditions légales nécessaires, soit de rédiger son testament, pour que vous puissiez hériter de lui. Ce qui fait que dans une situation comme la vôtre, la succession a été liquidée selon les arrangements prévus par le Code civil. Ce qui veut dire que ses héritiers sont : la conjointe avec laquelle il était encore marié, et ses enfants, les personnes avec lesquelles il était lié par le sang. 

Il est important ici de rappeler à tout le monde qu’au Québec, un(e) conjoint(e) de fait n’a droit à rien, même s’il(elle) partage la vie de la personne décédée depuis un, trois, cinq ou même vingt ans.

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