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Que les masques tombent

Medical mask on a blue background. Disposable face masks for viruses. Free space.
Photo Adobe Stock

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Depuis samedi dernier, à quelques exceptions près, les masques sanitaires sont tombés au Québec. C’est le pas le plus significatif vers la normalité depuis le début de la crise sanitaire. Le soulagement et l’enthousiasme au sein de la population sont palpables certes, mais ils sont nuancés...

En effet, quand on tombe le masque, c’est un tout autre spectacle du faciès qui s’offre à la compréhension. Les visages délestés de leurs écrans de tissus reprennent vie et nos expressions renouent avec le bonheur.

Ainsi, après deux années de galère individuelle et collective, la chute des masques sanitaires a généré chez bon nombre d’entre nous un goût de liberté retrouvée, voire un sentiment de renaissance.

Mais malgré le fait que jeunes et moins jeunes se réjouissent de cette nouvelle réalité, d’autres craintes sont cependant exprimées ici et là ; notamment le nombre croissant de victimes innocentes de la guerre qui sévit en Ukraine et le scénario de plus en plus plausible de ce conflit qui pourrait s’enliser et s’étendre...

L’heure est donc encore loin d’être aux réjouissances.

Le masque géopolitique

Malgré l’apparente posture de « neutralité » occidentale, il devient de plus en plus évident que le masque du conflit entre la Russie et l’Ukraine cache en réalité une guerre plus large.

À l’évidence, nous nous acheminons vers une guerre ouverte entre la Russie et les États-Unis flanqués de ses alliés occidentaux.

Les propos de Vladimir Poutine relatifs à un éventuel usage de l’arme nucléaire et l’implication militaire tangible de l’OTAN sous la houlette de Joe Biden avec le soutien du Congrès américain dans cette guerre inquiètent.

Les conséquences géopolitiques de cette guerre en termes de pertes humaines, de crise alimentaire et de famines potentielles inquiètent elles aussi.

Une paix sans masque

La guerre en Ukraine n’a pas débuté en février 2022. Elle s’est enclenchée il y a huit ans. Elle a tout simplement changé sa vitesse de croisière...

Au-delà de l’Ukraine, les historiens retiendront que, pour des ambitions impérialistes, des humains auront étalé leur génie barbare pour provoquer et entretenir une confrontation amorcée depuis l’effondrement de l’ex-Union soviétique qui se matérialisa le 25 décembre 1991.

Ils auront consacré peu de temps et d’énergie pour cultiver la paix. Mais il est encore temps pour les belligérants et les cobelligérants masqués de laisser s’exprimer la part d’humanité disponible qui sommeille en eux.

Parce que les conséquences des guerres sont immenses, il faut, à juste titre, dénoncer ce qui se passe en Ukraine, mais il faut aussi tirer les leçons de la Somalie, de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Syrie, de la Libye, du Congo, du Yémen, etc.

Toutes ces guerres contemporaines directes ou par procuration mènent aux mêmes résultats, notamment le malheur, l’instabilité, le chaos, le terrorisme sans frontières et la faillite des États.

Le monde globalisé d’aujourd’hui n’a pas besoin de guerres. Celles-ci ne profitent qu’à une poignée de marchands d’armes et de prédateurs fêlés.

Le monde a besoin d’une paix durable qui ressemble à un visage sans masque.

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