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Les droits des victimes d’inceste

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Je vous écris au nom de ma cousine qui a pris la décision de dévoiler l’inceste dont elle avait été victime de la part de notre grand-père, juste après son décès. Rendue à 36 ans, elle sentait la nécessité de se libérer enfin de ce gros secret, sans avoir évalué la vague que ça allait produire dans la famille.

Ses enfants, y compris sa propre mère, qui ne lui parle plus, ont nié en bloc la possibilité que ce soit vrai, et l’ont accusée de vouloir détruire la famille. Depuis, j’essaie de l’aider du mieux que je peux et au meilleur de ma connaissance. Je l’ai donc aidée à s’adresser à un CALAC (Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel) pour qu’elle obtienne du soutien. Elle a bien entrepris une démarche, mais devant les obstacles mis sur son chemin par la famille, elle n’a pas osé aller plus loin, d’autant moins que poursuivre est impossible, puisque son abuseur est décédé. 

Avant qu’elle n’abandonne les rencontres avec ce centre, on lui avait vaguement parlé d’un processus de « justice réparatrice » qui pourrait venir compenser la justice qui ne lui sera jamais rendue. Je ne sais pas trop en quoi ça consiste, mais j’aimerais que vous m’en parliez un peu pour que je sache si ça pourrait s’adresser à elle.

Je soupçonne que vous allez me dire qu’il vaudrait mieux que ce soit elle qui vous pose toutes ces questions, ce qui prouverait sa volonté de s’en sortir, mais je vous garantis qu’elle veut s’en sortir, mais qu’elle bloque fort à chaque démarche à entreprendre. De là mon insistance auprès de vous.

Une cousine aimante

L’important, c’est que vous persistiez à la soutenir malgré les embûches. Rien n’est plus difficile pour entreprendre de semblables démarches que « de ne pas se savoir crue par les siens ». Le processus de justice réparatrice en est un de justice alternative. Ça consiste en une série de rencontres qui mettent face à face des victimes d’agression sexuelle avec des détenus ayant commis des agressions sexuelles. Dans une liberté de parole totale, ces personnes sont invitées à s’exprimer sur les traumatismes vécus, en ce qui concerne les victimes, et à l’impact réel qu’ont eu les gestes qu’ils ont posés, en ce qui concerne les abuseurs, lesquels les ont menés en prison à la suite d’un procès.

Il semblerait que l’effet produit sur les victimes de se voir ainsi validées dans leur absence de responsabilité dans les gestes qu’on a posés sur elles leur soit totalement bénéfique. Mais comme n’importe quelle autre méthode pour se sortir de ce genre d’impasse, il faut que la victime soit prête à vivre ce niveau de stress psychologique pour en retirer de réels bienfaits. On joint le Centre de services de justice réparatrice au : 1 833 320-2757.

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