/finance/business
Navigation

Huawei enfin exclu de la 5G

Le Canada rejoint finalement les États-Unis et plusieurs autres démocraties

Coup d'oeil sur cet article

Après des années de tergiversations et plus de sept mois après la libération de deux Canadiens qui étaient détenus en Chine depuis la fin de 2018, le gouvernement Trudeau a finalement annoncé, jeudi, l’interdiction des géants chinois Huawei et ZTE des réseaux canadiens de téléphonie sans fil 5G. 

• À lire aussi: La Chine condamne l'interdiction «sans fondement» de la 5G de Huawei au Canada

«Le gouvernement a l’intention d’interdire l’utilisation des composantes et des services de Huawei et de ZTE dans le système de télécommunications du Canada», a déclaré jeudi, à Ottawa, le ministre de l’Innovation, François-Philippe Champagne. 

«Cela fait suite à un examen approfondi mené par nos agences de sécurité indépendantes et en consultation avec nos plus proches alliés», a-t-il ajouté.  

Les experts canadiens en sécurité étaient quasi unanimes à sommer Ottawa de bannir Huawei des réseaux 5G. Ils soulevaient notamment le risque que le gouvernement chinois puisse espionner les Canadiens par le biais de «portes dérobées» intégrées dans ses produits et services. Huawei a toujours nié cette possibilité.

Le Canada deviendra ainsi le dernier membre du Groupe des cinq (Five Eyes), dont font également partie les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, à exclure Huawei de ses réseaux 5G.

Combien d’années? 

«L’enjeu clé, c’est le nombre d’années que le gouvernement donnera aux entreprises pour retirer l’équipement de Huawei. Telus a placé du matériel et du logiciel 5G de Huawei dans ses systèmes. On devrait l’obliger à les enlever immédiatement», a commenté au Journal Margaret McCuaig-Johnston, une ancienne haute fonctionnaire fédérale qui enseigne aujourd’hui à l’Université d’Ottawa.

De son côté, Bell a installé dans les versions antérieures de ses infrastructures cellulaires des composants de Huawei qui servent également à son réseau 5G.

Selon le National Post, Bell et Telus ont des pressions sur Ottawa afin d’être indemnisées pour le retrait de l’équipement de Huawei, mais, jeudi, M. Champagne a simplement répondu «non» quand on lui a demandé s’il avait l’intention de leur verser des compensations.

Les deux entreprises n’ont pas répondu aux questions du Journal jeudi

Mutisme sur les conséquences

Les relations entre le Canada et la Chine se sont détériorées après l’arrestation de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, en décembre 2018, à la suite d’une demande d’extradition des États-Unis. 

Quelques jours plus tard, l’emprisonnement des Canadiens Michael Spavor et Michael Kovrig par la Chine a mis le feu aux poudres dans les relations entre les deux pays. 

Jeudi, le ministre Champagne est resté évasif sur la possibilité de représailles de la part de la Chine. 

«C’est la décision qui est dans l’intérêt du Canada», a-t-il dit.

– Avec l’Agence QMI et Francis Halin

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.