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Le prochain champ de bataille: la faim

Le prochain champ de bataille: la faim
AFP

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La prochaine grande bataille en Ukraine pourrait se dérouler en mer Noire. La flotte russe empêche les ports de la côte ouest de l’Ukraine d’écouler les céréales vers le reste du monde. L’agence Reuters a annoncé que la Maison-Blanche voulait procurer à l’Ukraine des missiles avancés capables de couler les bateaux russes. 

Les exportations de céréales dans le monde ne sont qu’un prétexte. Ainsi, l’Ukraine ne compte que pour 8% des exportations de blé dans le monde. Les récentes restrictions d’exportation de céréales de la Russie, de l’Inde et de la Chine font bien plus monter le prix du blé que les incertitudes sur les exportations ukrainiennes.

Mais qu’à cela ne tienne, qui pourrait reprocher aux États-Unis de chercher à briser le blocus russe pour nourrir des populations affamées?

Neutraliser la flotte russe

L’objectif réel de cette éventuelle livraison de missiles ultramodernes semble davantage lié à l’espoir de neutraliser la flotte russe en mer Noire. L’armée russe ne pourrait plus l’utiliser pour bombarder l’Ukraine ou pour défendre les territoires conquis, la Crimée incluse.

Cependant, les autorités américaines hésiteraient à fournir cet armement. Il faut en effet que les soldats ukrainiens soient capables de s’en servir, ce qui demande de l’entraînement. Cet armement sophistiqué ne doit pas non plus tomber entre les mains des Russes. 

Tendre la main

La livraison de cet armement pourrait aussi servir de prétexte à l’armée russe pour amorcer une escalade du conflit. Cependant, l’armée russe est affaiblie et dysfonctionnelle. Le Kremlin devrait beaucoup hésiter avant de s’aventurer dans cette voie, si jamais il le fait. 

L’armée russe pourrait donc être contrainte de lever le blocus. En ce cas, Vladimir Poutine pourrait sauver la face en invoquant les risques de famine.

Le ferait-il? C’est douteux. Les vies humaines ne semblent pas beaucoup compter pour lui. Il espère sans doute une vague mondiale d’appuis en raison d’éventuelles pénuries alimentaires. 

Il se trompe. C’est lui qui sera blâmé pour les pénuries.

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