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Immigration: Legault conforté par un sondage

60 % des Québécois souhaitent que le fédéral empêche les demandeurs d’asile d’emprunter le chemin Roxham

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Majoritairement réfractaires à une hausse des seuils de nouveaux arrivants, les Québécois jugent que l’immigration non francophone est la principale menace au français. Les citoyens souhaitent aussi que le fédéral ferme le robinet du chemin Roxham, une voie d’entrée irrégulière au pays.

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Si les Québécois se considèrent accueillants envers les nouveaux arrivants, deux personnes sur trois ne veulent pas recevoir plus de 50 000 immigrants par année. Pas moins de 21 % des gens prônent même une réduction des niveaux d’immigration, révèle un sondage Léger réalisé au début mai pour le compte de la CAQ et obtenu par notre Bureau parlementaire.

Pas moins de 56 % des Québécois estiment que le gouvernement fédéral assume mal ses responsabilités dans le dossier des passages irréguliers du chemin Roxham.
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin
Pas moins de 56 % des Québécois estiment que le gouvernement fédéral assume mal ses responsabilités dans le dossier des passages irréguliers du chemin Roxham.

Ces données semblent expliquer la position de François Legault, qui refuse jusqu’ici d’ouvrir davantage les vannes de l’immigration pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre criante, malgré les appels répétés du patronat et du Parti libéral. Un sujet qui risque fort d’être un enjeu important de la prochaine campagne électorale, alors que la cheffe libérale Dominique Anglade a déjà fixé sa cible à 70 000 immigrants par an.

Selon le sondeur Christian Bourque, le statu quo est confortable. 

«On est dans un contexte postpandémique, la guerre, l’inflation, les gens se disent, on ne bouge pas, ça va comme ça, ce qui est un bon signe pour le gouvernement, parce que c’est son intention», souligne-t-il.    

Plus de pouvoirs réclamés

Le premier ministre réclame plutôt plus de pouvoirs du fédéral pour choisir ses immigrants. Il voudrait notamment mettre la main sur le programme de regroupement familial. Mais jusqu’ici, Justin Trudeau a refusé net de céder ses compétences en matière d’immigration au Québec.

Force est d’admettre que les citoyens sont divisés à ce sujet. Si 44 % des sondés sont favorables à ce que la Belle Province obtienne plus de pouvoirs, ils sont pratiquement aussi nombreux à militer pour le statu quo ou pour donner davantage de pouvoirs à Ottawa.

Chemin Roxham 

Malgré tout, une majorité de Québécois sont inquiets des passages irréguliers de demandeurs d’asile par le chemin Roxham, à la frontière, et souhaitent que le fédéral empêche les migrants d’emprunter ce trajet pour entrer au pays.

Le Journal a révélé la semaine dernière que le Québec se dirige vers une année record, alors que le ministère de l’Immigration anticipe l’entrée irrégulière de 35 000 demandeurs d’asile par ce passage qui aboutit à Saint-Bernard-de-Lacolle en Montérégie.

L’immigration et le français  

Par ailleurs, deux personnes sur trois sont inquiètes du sort du français à Montréal et s’attendent à ce que le gouvernement en fasse davantage pour redresser la situation.

Alors que le débat sur la réforme caquiste de la loi 101 fait rage, on constate que ce n’est pas le nombre élevé d’étudiants non anglophones dans les cégeps de langue anglaise ni les Québécois francophones qui se tournent vers la langue de Shakespeare, qui est la cause de ce déclin, selon la plupart des gens sondés.

Le danger viendrait plutôt du nombre important d’immigrants qui ne parlent pas français. Une vaste majorité de gens sont d’ailleurs favorables à ce que le gouvernement exige la maîtrise du français pour l’obtention du certificat de sélection du Québec (préalable à la résidence permanente) et une plus grande connaissance du français à l’oral dans tous les programmes d’immigration.

«Cette perception de l’immigrant qui ne parle pas français, ou peu le français, et de la question sur le français au Québec, c’est surtout une crainte de ceux qui n’habitent pas à Montréal, analyse Christian Bourque. Les Québécois francophones des régions, eux, perçoivent l’immigration à Montréal comme étant une menace directe au français.»

Fait intéressant, les citoyens qui ne sont pas francophones sont plutôt d’avis que l’attractivité culturelle de l’anglais est la principale menace à la santé du français au Québec et à Montréal.

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