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Bettman à l’écoute

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Photo AFP Le commissaire de la LNH, Gary Bettman, a accueilli le ministre Eric Girard à son bureau de Manhattan, hier.

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Que le ministre Eric Girard obtienne un autre rendez-vous avec Gary Bettman, ça n’a rien de bien étonnant.

Les deux hommes avaient convenu de poursuivre les discussions entamées il y a quelques mois pour pousser plus loin l’échange d’informations. C’est dans les meilleurs intérêts du commissaire de trouver des solutions pour un plan B. On dira qu’il agit à contre-courant dans le dossier des Coyotes de l’Arizona, mais il y a une raison pour laquelle il tient absolument à garder le hockey professionnel dans l’État de l’Arizona.

  • Certains soutiennent que les diffuseurs américains exigent que le grand marché de cet État apparaisse dans le calendrier des matchs.  
  • D’autres estiment que le commissaire sait très bien qu’il pourra toujours, dans l’éventualité d’un contretemps en Arizona, se tourner vers le Texas, où les villes de Houston et de Austin ont déjà toutes les infrastructures pour accueillir une concession de la Ligue nationale.

En surface, le dossier des Coyotes soulève bien des interrogations. On se pose constamment la question : pourquoi cet entêtement ? Pourquoi persister à demeurer en Arizona ? Il y a plus que les exigences de la télévision américaine.  

Mais quoi ?

Il faut vraiment que le commissaire ait des arguments solides pour convaincre les 31 autres propriétaires qu’il est important pour la ligue d’avoir une équipe représentante de l’État de l’Arizona.

Et Bettman a sûrement indiqué aux propriétaires que si jamais cette concession devenait une cause de souci pour la ligue, il saurait alors modifier le tir.

Par courtoisie ?

A-t-il rencontré le « ministre des Nordiques » par courtoisie ? J’en doute. Il avait d’ailleurs informé M. Girard que la LNH n’avait aucun projet d’élargissement des cadres et qu’il n’y avait aucune perspective d’un transfert de concession.

Sauf qu’il avait laissé la porte ouverte... Car il s’assure toujours qu’il possède un plan de rechange si jamais quelques équipes se retrouvaient dans des conditions plutôt délicates.

À cet égard, est-ce que la situation des Sénateurs d’Ottawa invite Bettman à la plus grande prudence ? Possible.

Après le décès de Eugene Melnyk, l’équipe appartient maintenant aux deux filles du défunt. Et même si le commissaire déclare que les gouverneurs n’ont aucune inquiétude relativement aux opérations quotidiennes des Sénateurs, il est préférable d’élaborer un modèle d’affaires afin de parer à toute éventualité.

Le ministre Girard a sûrement discuté des intentions du gouvernement de la CAQ. Son rôle est de convaincre Bettman que la ville de Québec réunit toutes les ressources pour revenir dans le giron du hockey professionnel.

Le projet reporté

Il y a quelques années, lors de l’adhésion des Golden Knights de Vegas, Québec aurait pu faire son entrée. Mais, le projet a été reporté à plus tard en raison de la conjoncture économique et de la dévaluation du dollar canadien. Également, le prix d’entrée était passé de 500 M$ en devises américaines à 650 M$.

Bettman ne dévoilera jamais son jeu. Tous ceux qui le connaissent bien vous diront qu’il est un redoutable négociateur. Il n’a pas hésité à fermer l’entreprise pendant une saison parce qu’il tenait à instaurer un plafond salarial. On pensait que Donald Fehr, qui avait fait trembler les propriétaires du baseball majeur, allait en faire autant avec les propriétaires de la Ligue nationale. Il a fait chou blanc devant le rusé Bettman. Pas étonnant que le hockey ait connu une progression fulgurante sur le plan de la commandite et des revenus annuels.

Le ministre Girard, lors de sa première rencontre, avait tracé les grandes lignes du plan concocté par le gouvernement provincial. Il en a sans doute profité, hier, pour aborder quelques sujets d’importance.

  • A-t-il informé le commissaire de l’identité des gens d’affaires qui auraient manifesté un intérêt pour une concession ?
  • A-t-il fourni plus de précisions sur l’impact qu’entend jouer le gouvernement dans ce dossier ?

Gagner la confiance de Bettman est un défi de taille.  

A-t-on réussi à le faire ?

Possiblement.

Mais, Bettman sera toujours en position de force. Il peut faire passer n’importe quoi aux propriétaires. Il sait comment tirer les ficelles.  

Cependant, le ministre Girard a fait ce qu’il devait faire.

Certains diront qu’à l’approche des élections, il s’agit d’une stratégie intéressante. Ça ne fait aucun doute. D’un autre côté, tant et aussi longtemps que Bettman tendra l’oreille, on ne sait jamais ce qui peut se produire. 

Un match et on passe l’éponge 

La beauté des séries éliminatoires, c’est que tu peux accorder neuf buts, que tu peux gagner par un écart de quatre ou cinq buts, mais qu’une fois le match terminé, tu effaces tout.

Dans deux jours, c’est un nouveau défi. 

Mike Smith a été horrible mercredi soir. Les Oilers ont également reçu un avertissement. Les Flames représentent un redoutable adversaire. 

Mais cette série fournira des rebondissements.

Prenons l’exemple des Rangers. Tout baignait dans l’huile. Ils se dirigeaient vers un gain de 1 à 0, dans le château fort des Hurricanes. Pourront-ils se remettre d’un revers de 2 à 1 en prolongation ?

Pourquoi pas ?

Igor Shesterkin a été brillant, donc les Rangers peuvent espérer.

Après tout, ils ont encore, en principe, six autres matchs à disputer. C’est le même cas de Connor McDavid et des Oilers.

Les séries éliminatoires, c’est l’histoire d’un soir. Point. On ne parle plus d’un marathon de 82 matchs. C’est aussi l’occasion pour des joueurs de soutien de prendre le plancher et de s’exécuter avec brio, à la surprise générale.

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