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C'est le temps de vous fâcher, Monsieur Legault!

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Dans ma chronique du 2 mai dernier, je déplorais le fait que les Québécois ne se fâchaient pas malgré toutes les insultes que nous recevons du Canada anglais. 

« Quand tu acceptes de te faire insulter à répétition sans réagir, peut-être que tu ne mérites que ça », écrivais-je.

On peut poser la même question au premier ministre : pourquoi vous ne vous fâchez pas, Monsieur Legault, malgré toutes les rebuffades que vous essuyez de la part d’Ottawa ?

UN SOUVERAINISTE MASQUÉ ?

Certaines personnes (qui en fument visiblement du bon) croient que François Legault est un souverainiste masqué qui veut démontrer, avec toutes ses demandes, que la fédération canadienne n’est pas réformable. 

Si c’est vrai, notre premier ministre dénoncerait haut et fort l’intransigeance du Canada chaque fois qu’Ottawa lui claque la porte au nez. 

Or, ce n’est pas ça qu’il fait.

Monsieur Legault a plutôt tendance à prendre son trou. 

Justin Trudeau annonce qu’il veut établir des normes nationales dans les soins de longue durée ?

François Legault se contente de rappeler du bout des lèvres que la santé est une compétence exclusive du Québec. 

Le fédéral refuse de fermer les aéroports au début de la pandémie ?

C’est la mairesse Valérie Plante qui déchire sa chemise.

Le fédéral refuse de maintenir l’armée au Québec jusqu’au 15 septembre ?

Monsieur Legault dit qu’il ne comprend pas cette décision. 

Le fédéral refuse de fermer le chemin Roxham ?

De donner tous les pouvoirs au Québec en matière d’immigration ?

D’appliquer la loi 101 aux entreprises à charte fédérale ?

De permettre aux Québécois de ne remplir qu’une seule déclaration de revenus ?

De nous donner tous les pouvoirs en matière de culture ?

Toujours la même réaction timide.

François Legault désapprouve, déplore, regrette, se désole, fait part de sa déception. 

Et hausse les épaules.

Même attitude quand le Québec s’est fait insulter par la modératrice du débat en anglais... 

LA STRATÉGIE DU « BON JACK »

Je comprends que ce n’est peut-être pas dans la nature de M. Legault de coller au plafond et de monter sur ses grands chevaux.

Que son personnage est plutôt celui du « bon Jack ».

Mais, enfin, on s’attendrait à un peu plus de fougue.

De nerfs. 

« A little less conversation, a little more action », comme chantait Elvis. 

Moins de résignation, et plus de protestation. 

Or, chaque fois, le Québec réagit comme si la rebuffade du Canada ne nous surprenait pas. Comme si c’était dans l’ordre des choses. 

En 2014, François Legault a déclaré que le Québec n’avait pas besoin de « souffler la braise des vieilles chicanes constitutionnelles » pour obtenir des « gains d’efficacité » de la part d’Ottawa.

« Juste négocier de bonne foi. »

Un an plus tard, lors d’un conseil général de la CAQ à Laval, il se présentait comme un « nationaliste revendicateur ». 

« Nous rapatrierons une série de pouvoirs du gouvernement fédéral et réclamerons des prérogatives nécessitant des amendements à la Constitution. »

Sept ans plus tard, tout ce que nous avons obtenu de la part du fédéral est une fin de non-recevoir. 

Le temps n’est-il pas venu de nous fâcher, Monsieur Legault ?

Quitte à jeter un bidon d’huile sur le feu ?

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