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Men: pécher par excès

Men séduit rapidement, mais finit par décevoir

JESSIE BUCKLEY IN MEN
Photo courtoisie, VVS Films Jessie Buckley offre une performance mémorable dans le film Men.

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Le cinéaste britannique Alex Garland avait tout pour livrer un commentaire percutant et mémorable sur la misogynie et la masculinité toxique. Mission accomplie ? Oui... et non. Car si on se souviendra longtemps de son Men, ce n’est pas forcément pour les bonnes raisons. 

Jeune veuve, Harper entend bien s’offrir quelques semaines de répit et de calme dans la campagne anglaise, histoire de vivre son deuil et reprendre ses esprits suite au décès subit de son époux. Mais ce qui devait être une oasis de paix prendra rapidement des airs sinistres au fil de rencontres fortuites avec différents hommes aux comportements inquiétants. 

La bande-annonce de Men (Eux, dans sa version française) avait piqué notre curiosité lors de son dévoilement, plus tôt cette année. Distribué par la boîte A24, devenue synonyme d’excellence en matière d’horreur, ce nouveau long-métrage s’annonçait aussi percutant que pertinent.

Et ça l’est. Jusqu’à un certain point.  

Car le cinéaste Alex Garland réussit à instaurer méticuleusement un climat de tension palpable et suffoquant durant plus d’une heure. C’est frontal, c’est confrontant, c’est anxiogène... bref, c’est franchement réussi. Le malaise qu’il parvient à susciter chez le cinéphile est réel, soutenu et somme toute particulièrement puissant. On y reconnaît la main de maître qui nous avait donné l’excellent Ex Machina, en 2014.

Dernier acte risible

Mais le Britannique finit malheureusement par sombrer dans l’excès et la violence outrancière dans un troisième acte franchement risible. Exit la finesse, la subtilité et la minutie ; on nous balance au visage un dénouement – dont on ne dévoilera évidemment pas les détails – abrutissant, carburant aux métaphores bancales et au symbolisme de bas étage. 

On retient toutefois le jeu impeccable de Jessie Buckley, capable d’incarner avec autant d’aplomb la résilience que la vulnérabilité. L’actrice réussit rien de moins qu’un tour de force, à l’instar de Toni Collette dans Hereditary, une autre offrande ayant fait le renom de A24. 

Men ★★  

  • Un film d’Alex Garland 
  • Jessie Buckley, Rory Kinnear et Paapa Essiedu. À l’affiche.  
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