/news/health
Navigation

Relever le défi d’apprendre à parler

Un jeune garçon né avec une malformation a travaillé d’arrache-pied pour être capable de s’exprimer

Léo Guillette, 9 ans, et sa mère Anabel Côté. Léo est né avec une fissure labio-palatine qui l’empêchait de s’exprimer normalement. En médaillon, Léo à l’âge de 3 mois et demi, juste avant sa première chirurgie.
Photos Agence QMI, Joël Lemay et courtoisie Léo Guillette, 9 ans, et sa mère Anabel Côté. Léo est né avec une fissure labio-palatine qui l’empêchait de s’exprimer normalement. En médaillon, Léo à l’âge de 3 mois et demi, juste avant sa première chirurgie.

Coup d'oeil sur cet article

Un garçonnet qui a surmonté ses difficultés d'élocution causées par une fissure des lèvres et du palais grâce à ses efforts avec une orthophoniste espère donner espoir aux autres jeunes qui naissent avec cette malformation.

«Ça, c’est ma médaille que j’ai eue à la fin parce que j’avais travaillé fort, pour me dire félicitations», lance fièrement le jeune Léo Guillette, rencontré cette semaine au CHU Sainte-Justine. 

De par son vocabulaire, impossible de se douter que le garçon de 9 ans est né avec une fente labio-palatine, c’est-à-dire une malformation de la lèvre et du palais, qui l’a empêché de s’exprimer normalement jusqu’à son entrée en maternelle.

Avec son orthophoniste, Annie Salois, il a travaillé d’arrache-pied dès l’âge de 3 ans et demi pour apprendre à diriger l’air dans sa bouche et à construire des sons. Il partait de Sherbrooke une fois par semaine pour venir – dans son souvenir d'enfant – jouer à des jeux. 

En vérité, il effectuait des exercices de diction à l’aide d’outils, comme un petit miroir qui se place sous le nez pour voir d’où sort l’air lors d’une discussion. Ensuite, il ramenait des devoirs à la maison.  

Construire les sons

«Ça nous a pris un an, mais c’est quand même rapide. Il n’y avait pas de P, pas de B, pas de T, pas de L. Il n’y avait que des sons de gorge et de nez», relate Mme Salois. 

Seule une petite cicatrice, à peine apparente, témoigne aujourd’hui de son travail acharné et de ses chirurgies pour fermer la fissure. Il devra éventuellement repasser sous le bistouri pour fermer un petit trou qui est demeuré dans son palais. 

«Au niveau du langage, c’est A1. Il n’a aucune difficulté, ni scolaire, ni sociale. Il dévore encore les nouveautés, les apprentissages. Il aime apprendre. Ça a été une force pour lui. On était vraiment bien coachés», souligne sa maman, Anabel Côté.

Pour le mois de l’ouïe et de la communication, cette dernière souhaitait montrer l’importance de ce travail invisible qu’est celui de l’orthophoniste, mais qui fait pourtant toute la différence.

«J’avais entendu d’autres histoires de parents qui avaient su que leur enfant avait une fente et qui n’étaient pas certains de vouloir poursuivre la grossesse. Pour moi, c’est vraiment important de parler oui de l’aspect esthétique, mais aussi de l’aspect communication», poursuit-elle.

Inquiétudes

Elle se souvient d’ailleurs de ses propres inquiétudes en apprenant, à 20 semaines de grossesse, que le petit avait une malformation au visage. Elle craignait qu’il soit victime de moqueries ou de rejet à la petite école. 

«Je me disais qu’il faudrait travailler fort pour qu’il s’intègre bien, j’imaginais la cour d’école... Ce n’est jamais arrivé, et avec raison parce qu’il n’est pas différent. De le voir aller aujourd’hui, ça peut soulager [d’autres parents]», souligne celle qui travaille dans le domaine de l’enseignement.  

Cette malformation est parmi les plus fréquentes tandis qu’un bébé sur 700 naît avec une fissure au Québec. Et chaque année, c’est une cinquantaine de nouveaux bébés qui sont suivis en orthophonie. 

La base

«Socialement, la communication, c’est la base. Même quand on est à la garderie, c’est comme ça qu’on crée des relations», ajoute la maman.

Et quand une personne est mal comprise, elle ne parvient pas à soutenir une discussion et ainsi à développer son vocabulaire, précise l’orthophoniste. 

«Si on ferme la fente et qu’on laisse la parole de côté, il va y avoir un impact dans la vie de l’enfant. Même s’il a un beau sourire, il ne pourra pas s’exprimer correctement», conclut-elle. 

De son côté, le jeune passionné de train, qui souhaite travailler dans la construction plus tard, veut encourager les enfants comme lui à persévérer. 

«Moi ça a très bien été et je suis content de ça alors j'aimerais encourager les gens pour qu’eux aussi ils aillent bien, lance-t-il. Je prends soin de mes frères et je les aide à faire plein d’affaires. Je veux qu’ils soient bien comme moi.»

Vous avez un scoop à nous transmettre?

Vous avez des informations à nous partager à propos de cette histoire?

Vous avez un scoop qui pourrait intéresser nos lecteurs?

Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.