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Dépendance à l'alcool et aux drogues: sa passion pour la photographie lui sauve la vie

Sa passion pour les clichés animaliers lui a permis de vaincre ses dépendances à l’alcool et aux drogues

Marc Gosselin
Photo courtoisie Marc Gosselin a réussi à se sortir de ses problèmes de consommation grâce à la photographie animale, qu’il pratique depuis six ans.

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Un Québécois qui a tout perdu à cause de sa dépendance à l’alcool et aux drogues a repris goût à la vie en se reconnectant à la nature grâce à la photographie animale.

«J’ai perdu ma conjointe, mon condo, mon travail. J’ai fait faillite. J’ai voulu me suicider. J’ai tout perdu et je suis tombé au plus bas. Un jour, je me suis levé, je me suis dit que j’étais écœuré, et tout a changé quand un de mes amis qui fait de la photo m’a emmené en forêt», relate sans détour Marc Gosselin.

Pendant près de cinq ans, ce camionneur de profession, originaire de la région de Québec, était aux prises avec des problèmes d’alcool et de drogue, notamment la cocaïne, la méthamphétamine et l’ecstasy qu’il avait commencée de façon récréative quand il sortait.

«J’étais rendu au point où je travaillais juste pour me payer mes consommations qui montaient jusqu’à 1500 $, 2000 $ chaque fin de semaine, confie l’homme de 39 ans. Pour moi, ça commençait le jeudi soir et ça finissait le lundi matin, le temps d’être sur pied pour le travail le lundi soir.»

Se relever

En 2015, après avoir «touché le fond», Marc Gosselin décide de sortir de cette spirale infernale. Il demande l’aide de son médecin, qui lui prescrit notamment des antidépresseurs.

«Ça ne me convenait pas, alors j’ai décidé que je voulais me relever tout seul. Ça n’a pas été facile, mais j’ai eu la chance d’être très bien entouré», se souvient M. Gosselin, qui était retourné vivre chez sa mère.

Nature

C’est notamment grâce à l’un de ses amis que Marc Gosselin a découvert la photographie.

Au fil de ses escapades dans la nature, il a découvert cette oursonne qu’il a prénommée Lyly.
Photo courtoisie
Au fil de ses escapades dans la nature, il a découvert cette oursonne qu’il a prénommée Lyly.

«Je suis tombé en amour dès la première fois qu’il m’a emmené dans la forêt. J’ai commencé avec un petit appareil et ensuite, j’ai continué d’investir là-dedans. Au lieu de mettre mon argent dans l’alcool et la drogue, je l’ai mis dans mes caméras», explique-t-il, en avouant avoir fait plusieurs rechutes.

Marc Gosselin
Photo courtoisie

Depuis six ans, M. Gosselin part plusieurs fois par semaine dans la réserve faunique des Laurentides, à quelques dizaines de kilomètres de chez lui. En arrêt de travail à cause d’une blessure depuis un peu plus d’un an, il peut passer de 20 heures à deux jours par semaine dans le bois.

«[Là-bas] je me sens vivre, je décroche. J’appelle ça mon paradis, parce que c’est vraiment un paradis sur terre. Être en contact avec les animaux, il n’y a rien de plus beau», explique celui qui réussit à s’approcher à moins de dix pieds de certains animaux. C’est notamment le cas d’un orignal qu’il suit depuis trois ans et qu’il a baptisé Titan.

Il suit aussi depuis trois ans un orignal, qu’il appelle Titan.
Photo courtoisie
Il suit aussi depuis trois ans un orignal, qu’il appelle Titan.

Pour Marianne Saint-Jacques, psychologue et directrice à la maîtrise en intervention en toxicomanie à l’Université de Sherbrooke, pratiquer une activité qui procure du plaisir peut vraiment être un facteur clef dans la guérison des personnes ayant des problèmes de dépendance ou de consommation.

Marc Gosselin
Photo courtoisie

«[...] Une passion, ça permet de s’occuper dans les moments où il y a des envies, mais aussi, de retrouver confiance en soi, de retrouver un certain contrôle et d’avoir des projets», explique-t-elle.

Transmettre sa passion

Aujourd’hui, Marc Gosselin aimerait faire découvrir cette passion à d’autres personnes qui sont aux prises avec des problèmes de consommation. 

«J’ai eu la chance d’être bien entouré et c’est ce qui m’a aussi permis de m’en sortir. Maintenant, j’aimerais faire un programme pour les gens qui n’ont pas la même chance que moi et les emmener avec moi pour qu’ils puissent se reconnecter à la nature, en plus de découvrir la photo».

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