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Français : après la carotte, le bâton

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Ainsi, le gouvernement va dépenser 4,5 millions de dollars dans des campagnes destinées à « valoriser la langue française dans les commerces ».

Entre vous et moi, pas sûr que ça fasse une différence. 

La méthode de la carotte, ça fait des années qu’on l’utilise, avec les résultats que l’on connaît. 

La seule façon de renverser la tendance est de rendre la vie plus compliquée à ceux qui ne parlent pas français. 

Tant que des gens pourront travailler à Montréal sans connaître un mot de français, comme Michael Rousseau l’a fait pendant 14 ans, on aura beau organiser de belles campagnes de « valorisation », ça va leur passer 25 000 pieds par-dessus la tête. 

Ils vont continuer de vivre comme s’ils étaient à Flin Flon, Manitoba.  

AVANTAGE AUX UNILINGUES ANGLOS

Selon une étude de l’Office québécois de la langue française (OQLF) publiée en août 2020, 63 % des entreprises de l’île de Montréal ont requis des compétences linguistiques en anglais lors de leur dernier processus d’embauche.

Même si la Charte de la langue française affirme noir sur blanc qu’il est « interdit à un employeur d’exiger la connaissance d’une langue autre que la langue officielle, à moins que l’accomplissement de la tâche ne nécessite une telle connaissance... »

Actuellement, il est plus facile pour un unilingue anglophone de trouver un emploi à Montréal que pour un unilingue francophone.

Ça n’a aucun sens. 

La loi 96 rendra, dit-on, plus compliquée l’embauche d’employés qui ne parlent pas français.

Bien hâte de voir ça. 

Car c’est une chose d’adopter une loi, et c’en est une autre de l’appliquer et de la faire respecter.

Prenez l’affichage.

Selon la loi actuelle, le nom d’une entreprise doit respecter la Charte de la langue française et doit donc être en français.

Vous voyez beaucoup de nouveaux commerces afficher un nom en français à Montréal, vous ?

Les entreprises trouvent toujours des entourloupettes pour contourner la loi. 

En 2020-2021, vous savez quelles entreprises ont reçu le plus de plaintes à l’OQLF concernant la langue de service ?

Tim Hortons, Walmart, Dollarama, Pizza Pizza, IGA, PFK, Metro, Canadian Tire, McDonald’s et Domino’s Pizza.

À ce que je sache, ce ne sont pas des PME non assujetties à la loi. 

  • Écoutez la rencontre Lisée - Mulcair avec Martineau diffusée chaque jour en direct 8 h via QUB radio :

DES DEUX CÔTÉS DE LA BOUCHE

Sur le site Dromadaire mauve, consacré au marché du travail et à l’accès à l’emploi au Québec, un immigrant colombien qui s’est installé au Québec affirme que le gouvernement parle des deux côtés de la bouche en ce qui concerne la langue de travail dans la Belle Province. 

« Carlos avait la perception que tout se passait en français au Québec. Mais tout a basculé à son arrivée à Montréal. On ne l’avait jamais préparé à une telle présence de l’anglais sur le marché du travail.

Carlos a décroché son premier emploi dans une entreprise internationale où tout se faisait presque exclusivement en anglais. Le choc linguistique fut total. 

Il se sent amer d’avoir eu à mettre autant de temps et d’énergie à apprendre une troisième langue, le français. »

C’est ça qu’il faut changer, au Québec.

Pas financer des campagnes de « valorisation » du français avec de belles photos et de beaux slogans...

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