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Les ravages des stéroïdes: «Il disait que c’était son dernier flacon»

Les stéroïdes avaient pris le contrôle de la vie d’un homme de 45 ans

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Photo tirée du Facebook d'Éric Thibodeau Éric Thibodeau aurait commencé à consommer des stéroïdes pour paraître plus massif après avoir été intimidé dans sa jeunesse.

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Les stéroïdes qu’ils prenaient dans le but de « protéger sa famille » ont complètement pris le contrôle de la vie d’Éric Thibodeau avant de l’emporter, d’après ses proches. 

C’est à la mort de son père, lorsqu’il avait 18 ans, qu’Éric Thibodeau aurait commencé à s’entrainer de façon intensive pour protéger sa mère et sa fratrie. 

« C’était l’une des dernières volontés de notre père. Il voulait qu’Éric soit un homme grand et fort pour prendre soin de nous », explique Nancy, la sœur de l’homme de 45 ans. 

Ce n’est que quelques années plus tard, dans la mi-vingtaine, qu’il aurait décidé de consommer des stéroïdes sur une base régulière, pour ressembler à ses lutteurs préférés. 

« Pour lui, ça montrait qu’il était un homme et qu’il pouvait nous défendre », poursuit Mme Thibodeau. 

Mais dans les dernières semaines de 2020, ses sautes d’humeur et son agressivité étaient devenues intenables pour Roxane Chenier, qui fréquentait l’homme quelque temps avant son décès.  

«Les premières 12 heures après s’être shooté, je ne pouvais pas l’approcher. Il devenait quasiment Hulk. Je l’ai déjà vu défoncer un cadre de porte parce qu’il s’était accroché dedans», raconte-t-elle. 

La perte de masse dû à l’impossibilité de s’entrainer durant la pandémie et l’accès à la PCU ont poussé le quadragénaire à faire de nouveau usage de produits à la réouverture des gyms, alors qu’il venait d’arrêter.
Photo tirée du Facebook d'Éric Thibodeau
La perte de masse dû à l’impossibilité de s’entrainer durant la pandémie et l’accès à la PCU ont poussé le quadragénaire à faire de nouveau usage de produits à la réouverture des gyms, alors qu’il venait d’arrêter.

MORT SOUS LA DOUCHE 

Le 3 janvier suivant, un employé de l’édifice où vivait Éric Thibodeau a frappé à sa porte, en raison d’un manque d’eau chaude dans la bâtisse. N’obtenant pas de réponse et voyant que la porte n’était pas verrouillée, l’individu est alors entré pour vérifier si tout allait bien.  

C’est à ce moment qu’il a découvert le quadragénaire sans vie dans sa douche, l’eau lui coulant toujours sur le corps. Les services d’urgences ont été appelés, mais la mort de l’homme était sans appel.  

D’après le coroner Pierre Bourassa, M. Thibodeau serait décédé la veille au matin, d’une arythmie cardiaque, ce qui expliquerait le manque d’eau chaude dans l’immeuble.  

Souffrant déjà d’une cardiomégalie – qui accroît les risques d’événement cardiaque – attribuée à sa consommation de stéroïdes, une intoxication à la méthamphétamine aurait donné le coup de grâce.  

L’adepte de culture physique est mort d’une arythmie cardiaque sous la douche, le 3 janvier 2021.
Photo tirée du Facebook d'Éric Thibodeau
L’adepte de culture physique est mort d’une arythmie cardiaque sous la douche, le 3 janvier 2021.

L’IMPACT DE LA PANDÉMIE 

«Si j’avais su [qu’il en mourrait], j’en aurais fait plus pour l’empêcher de se pourrir la vie, lâche Roxane Chenier. Il disait que c’était son dernier flacon...»  

Avant la pandémie, elle était parvenue à le convaincre d’arrêter de consommer des stéroïdes en lui faisant réaliser les coûts que ça représentait. Il déboursait 400 $ par flacon, en plus des autres produits connexes pour stopper les effets secondaires.  

Mais avec la COVID-19 et la fermeture des gyms, les gens ont commencé à trouver qu’il avait perdu de la masse. Et il avait maintenant de l’argent pour acheter ses substances, grâce à la PCU.  

«C’est la pire chose qui pouvait arriver», soupire Mme Chenier. 

  • ÉCOUTEZ l'entrevue avec Jérémy Bernier à QUB radio :  

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