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Parents désemparés devant des camps de jour complets

La pénurie de main-d’œuvre force certaines villes à accueillir moins d’enfants

GEN-LEA-GAUDREAULT
Photo Agence QMI, Joël Lemay Léa Gaudreault avec ses enfants, Jade Elizabeth Plante, 7 ans, et Charles Plante, 11 ans. Elle les a inscrits dans plusieurs camps privés cet été puisqu’elle n’a pas pu leur trouver de place au camp municipal de Saint-Jean-sur-Richelieu sur la Rive-Sud de Montréal.

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Les parents qui n’ont pas encore inscrit leurs enfants au camp de jour pourraient se retrouver le bec à l’eau, plusieurs villes ayant réduit leur nombre de places disponibles en raison de la pénurie d’animateurs.

«C’est la première fois que ça m’arrive en sept ans», s’étonne Léa Gaudreault, une mère de Saint-Jean-sur-Richelieu. 

Comme chaque année, elle a tenté d’inscrire ses deux enfants de 7 et 11 ans au camp de jour de sa ville. Mais cette fois, les listes étaient complètes avant la fin de la période d’inscription. 

La Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu a en effet dû réduire son nombre de places en raison de la pénurie de main-d’œuvre. 

Et ce n’est pas la seule. La Ville de Trois-Rivières a dû retrancher 200 places de camp de jour par rapport à ce que lui permettrait d’offrir son budget, parce qu’il lui manque 19 animateurs. 

À Saguenay, c’est plus de 300 places de plus qu’on aurait pu offrir si seulement on avait réussi à recruter une douzaine de moniteurs supplémentaires. 

Annulation complète

La petite localité de La Pêche, en Outaouais, a même carrément annulé son service de camp de jour pour cet été. Environ 80 familles devront donc trouver une autre solution. 

«On a vraiment attendu le plus longtemps qu’on pouvait avant de prendre cette décision», explique le maire, Guillaume Lamoureux. 

Mais même après avoir légèrement bonifié les salaires offerts, La Pêche n’a reçu que 15 candidatures, alors qu’elle en recevait une soixantaine par le passé. 

  • Écoutez l'entrevue d'Éric Beauchemin, directeur général de l'Association des camps du Québec, au micro de Geneviève Pettersen sur QUB radio:

Où sont les jeunes ?

Par exemple, des jeunes qui auraient pu être intéressés par l’emploi ont finalement choisi un boulot plus proche de la maison en raison du prix de l’essence, illustre-t-il.

Le problème se fait aussi sentir du côté des camps privés, selon un sondage réalisé en avril par l’Association des camps du Québec.

Environ 65 % des quelque 275 camps qui ont répondu notaient que le recrutement était plus difficile cette année, indique Valérie Desrosiers, coordonnatrice aux communications.

«Il semble y avoir une inversion démographique. C’est comme si on n’avait plus de jeunes», résume-t-elle.

«Plusieurs [anciens animateurs] nous ont dit : “j’adore mon travail, mais ça fait deux ans que je n’ai pas voyagé’’», explique Caroline Roy, directrice du service des loisirs à Saint-Jean-sur-Richelieu. 

Horaires flexibles, temps partiel, recrutement sur TikTok, dans les cégeps, dans les commerces... La Ville a tout tenté. 

Au final, elle a recruté entre 90 et 100 animateurs, alors que bon an mal an, elle en embauchait entre 150 et 180. 

«Tout au long de l’été, on va être en embauche», assure Mme Roy.  

D’un camp à l’autre pour y arriver  

Des parents devront s’occuper de leurs enfants tout en travaillant ou inscrire leurs jeunes dans plusieurs camps afin de pallier le manque de places.

«J’en parle et je me mets à pleurer», avoue une mère de quatre enfants de Saint-Jean-sur-Richelieu. 

La dame, qui a préféré garder l’anonymat pour ne pas nuire à son emploi, n’a pas réussi à trouver de camp de jour pour tout l’été pour ses trois plus vieux, âgés de 8 à 11 ans.

Elle passera donc plusieurs semaines à les surveiller d’un œil tout en faisant du télétravail.

Or, «après deux ans de pandémie, la coupe est pleine de ce genre d’irritants», soupire-t-elle.  

Casse-tête

Léa Gaudreault, elle, n’a pas l’option du virtuel. 

Elle travaille dans le milieu de la santé, son conjoint dans celui de la construction. 

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Photo Agence QMI, Joël Lemay

«Il me semble que ça devrait être un service essentiel», s’impatiente-t-elle. 

Elle s’est donc mise à chercher du côté des camps privés. Aucun ne pouvait accueillir ses deux enfants pour tout l’été. 

Mme Gaudreault les a donc inscrits dans trois camps privés différents afin de couvrir le calendrier estival : un camp de soccer, un camp privé dans une autre ville et un camp de vacances. 

«Mais c’est de l’adaptation à chaque fois pour les enfants», déplore-t-elle. 

Elle se dit quand même chanceuse. 

«On m’a dit : “inscris-toi tout de suite sinon il n’y aura plus de places [...] Il y a plein de parents qui vont se retrouver avec rien”.»

Facture salée

Par ailleurs, il lui en coûtera quelque 2500 $ pour l’été, soit plus de 1300 $ que ce que lui coûtait le camp de jour municipal par le passé. 

Pour une famille nombreuse, cette option est pratiquement impensable. 

«Je n’ai pas le budget. Aussi bien me prendre un été sabbatique», ironise la mère de quatre enfants.

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