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Qui veut gager contre Jean Pascal?

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Décembre 2017, obscur casino mohawk d’Hialeah dans le fief cubain de Miami. Il y a de la fumée partout dans le casino, il y a les flamands roses en plastique de Jean-Pierre Coallier partout sur le gazon... Et un ring au milieu d’une piste de courses de chevaux à l’abandon en arrière...

C’est chic comme une cour à scrap. Jean Pascal y fait les frais de la finale face au prince Ahmed Elbiali, star montante et invaincue à 16-0. Pascal est un gros nom à mettre à la feuille de route du prince. Jean venait de perdre trois de ses cinq combats précédents. Le dernier, six mois auparavant face à Eleider Alvarez au Centre Bell. Autrement dit, c’était sans grands espoirs pour Pascal, alors âgé de 34 ans, et sur la pente descendante.

Sauf que Jean avait une autre conception du déroulement de la soirée. Flanqué de Stéphan Larouche, Thénistor a démonté le bon prince, qui s’en est allé en pleurant dans les bras de son richissime papa. 

Jean Pascal venait de ressusciter dans les classements mondiaux. Depuis ce fameux soir de décembre 2017, quand Deontay Wilder est passé cinquième derrière Jean Pascal, Bob Hartley, Michel Therrien pis Réjean Tremblay, Pascal a gagné quatre combats et n’a perdu que face à l’exceptionnel Dmitry Bivol qui vient de démolir le mythe Canelo Saul Alvarez. Il s’est farci Marcus Browne et Badou Jack entre autres victoires significatives.

Se méfier d’un boxeur en rédemption

Vendredi soir, à nouveau dans un bled de la Floride à Plant City, Jean Pascal l’a refait. Au beau milieu d’un gymnase d’entraînement transformé en Dollarama de la télé à la carte avec des ventes par abonnements mensuels à 2 piastres et quart, Jean a dégonflé le ballon du Chinois Fanlong Meng, pourtant invaincu à 17-0. 

Le légendaire Roy Jones a été brillant en analyse d’avant-combat. Essentiellement, il a dit qu’il fallait se méfier d’un boxeur en rédemption qui venait de perdre beaucoup. Les tests révélés positifs de dopage ont coûté très cher à Jean Pascal. Il a chiffré ses pertes à 10 millions $ américains. On peut donc présumer qu’il a dans les faits été privé d’autour de 2,5 millions... Un manque à gagner néanmoins significatif. 

Les sceptiques seront confondus

Jean a été très malhabile dans sa gestion de la crise qui a entouré ses tests positifs. Ses explications limite-tordues et livrées beaucoup trop tard n’ont rien changé à l’opinion populaire. Dans la tête des amateurs de boxe comme dans celle de Christiane Ayotte des laboratoires d’analyses de produits dopants, Jean Pascal était un athlète dopé.

Le temps de verbe est important ici. Était. Car en marge de ce retour sur le ring après 31 mois d’absence et à l’âge vénérable de 39 ans, Pascal a dû se soumettre à une kyrielle de tests antidopage. Sa morphologie semblait changée. J’étais inquiet de ce qu’il aurait dans le réservoir au-delà des six premiers rounds. Encore une fois, j’ai été confondu. 

Jean Pascal a de nouveau la tête bien haute. Il a de nouveau gagné un combat qu’il devait perdre. Il l’a fait en étant totalement clean. Et il peut maintenant rêver d’une bataille significativement payante en championnat du monde contre Artur Beterbiev. Le Centre Vidéotron risque d’être trop petit pour ce grand rendez-vous...

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