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Tempête violente: des dégâts rarement vus, 120 000 clients toujours sans électricité

Hydro-Québec n’a rien vu de tel depuis une décennie

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Plus de 120 000 foyers sont encore privés d’électricité, trois jours après la violente tempête qui s’avère la plus destructrice pour les équipements d’Hydro-Québec depuis au moins une décennie, selon la société d’État.

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«C’est une des très très grosses [tempêtes] qu’on a eues au cours des dernières années», a fait savoir Régis Tellier, vice-président opérations et maintenance chez Hydro-Québec, qui n’avait pas vu des dégâts aussi importants depuis plus d’une dizaine d’années.

«On rentre dans les travaux plus majeurs [...]. Plus on va, plus c’est difficile d’aller chercher de la clientèle pour le rétablissement», a ajouté le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles Jonathan Julien, qui accompagnait M. Tellier dans une rencontre avec les médias hier à Sainte-Adèle dans les Laurentides.

Des employés d’Hydro-Québec enlevaient les débris sur une ligne à haute tension près de l’autoroute 13, à Boisbriand, dans les Laurentides, hier.
Photo Agence QMI, Joël Lemay
Des employés d’Hydro-Québec enlevaient les débris sur une ligne à haute tension près de l’autoroute 13, à Boisbriand, dans les Laurentides, hier.

Dans cette ville où la majorité des résidents n’avaient toujours pas de courant hier, la tempête était carrément sans précédent, selon plusieurs résidents interviewés par Le Journal.

«J’en ai vu du vent, mais rien comme ça», a indiqué Réjeanne Arsenault, qui a notamment vécu aux Îles-de-la-Madeleine.

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Des voisins s’entraident

L’administration municipale de Sainte-Adèle avait ouvert hier le centre communautaire, alimenté par une génératrice, afin que ses habitants puissent s’approvisionner en eau, charger leurs appareils électroniques et manger quelques bouchées. 

«Je vois beaucoup de monde sortir dans la rue, s’entraider. On invite les citoyens à cogner chez leurs voisins, à s’assurer que tout le monde est correct», précise le conseilleur municipal Alexandre Laganière, rencontré sur place. 

À Sainte-Lucie-des-Laurentides, le camping Domaine Vacances Doncaster avait ouvert ses portes hier aux résidents du secteur qui étaient toujours privés d’électricité. 

Photo Agence QMI, Joël Lemay

«On voyait que certains de nos voisins de rue n’avaient plus d’eau et ne pouvaient pas prendre de douche. [...] Comme on est opérationnel avec des génératrices, on a décidé d’offrir à nos concitoyens de l’eau potable, des douches chaudes et des moyens de recharger leur cellulaire», précise sa propriétaire Mélanie Boutin.

Même si plus du deux tiers des 550 000 clients qui avaient subi des pannes samedi avaient été rebranchés par Hydro-Québec hier soir, plus de 165 000 clients demeuraient toujours sans électricité.

La société d’État avait dit quelques heures plus tôt espérer rebrancher 80 % de ces foyers d’ici la fin de la journée d’hier, une proportion qui atteignait plutôt environ 70 %.

L’essentiel des pannes se situait dans les Laurentides (73 258), dans Lanaudière (29 452) et en Outaouais (24 568).

Le bilan des décès causés par les violents orages de samedi est d’ailleurs passé à 10 hier avec la mort d’un homme écrasé par un arbre à Peterborough en Ontario. Rappelons que la seule victime québécoise est une femme de 51 ans décédée après être tombée dans la rivière des Outaouais.

–Avec l’Agence QMI

 

Vacarme d’enfer  

Photo tirée de Facebook

La petite municipalité de Fassett en Outaouais commence juste à se remettre de ses émotions après avoir vu le clocher de son église se détacher de la bâtisse maintenant à vocation commerciale.

Le maire François Clermont admet que ses citoyens l’ont échappé belle. Malgré des arbres déracinés, des fenêtres cassées et, bien sûr, un clocher littéralement arraché de sa structure, personne n’a été blessé.

« Plusieurs résidences ont été endommagées, des débris ont été projetés dans des fenêtres, mais heureusement les gens étaient à l’intérieur », affirme le maire qui mentionne également que même pour les citoyens les plus âgés, la tempête était du jamais vu. Très peu de résidents ont vu le clocher tomber, mais tous ceux qui ont été contactés par Le Journal ont parlé d’un vacarme d’enfer.

Louis Deschênes

 

Un mariage aux chandelles  

Photo courtoisie

Lorsque la tempête a atteint les Laurentides, Tyler Jackson et Diana Moreno se préparaient à se marier à l’extérieur de leur domicile de Sainte-Adèle.

«Nous avons entendu toutes les alertes et avons tout transféré à l’intérieur», précise Mme Moreno. 

Puis, cinq minutes avant que la cérémonie commence, dans leur salon, l’électricité a été coupée. S’en est donc suivi un mariage aux chandelles. 

«C’était finalement un évènement très romantique», rigole-t-elle. 

Contrairement à plusieurs voisins, le couple n’a eu que très peu de dommages sur son terrain boisé. 

«Nous avons été très chanceux. Nous avons eu peur parce que nous voyions tous les arbres cassés autour», dit Mme Moreno.

Camille Payant

 

Près de 400 arbres déracinés  

Photo Pierre-Paul Poulin

La tempête de samedi a frappé de plein fouet le Club de golf La Vallée de Sainte-Adèle. 

«Ça fait plus de 30 ans que je travaille dans le milieu du golf et c’est la première fois que je vois des vents aussi violents. J’ai vu des arbres craquer dans le stationnement», raconte Daniel Corbeil (photo), le professionnel du club. 

Une vingtaine de golfeurs étaient alors en plein milieu de leur partie lors du passage de la tempête, vers 17 h 30. 

«Il y en a qui ont eu peur. On est chanceux, on n’a eu aucun blessé», précise M. Corbeil. 

Près de 400 arbres auraient alors été déracinés, la plupart aux abords du terrain. Des dizaines de personnes s’affairaient toujours hier à nettoyer le golf et espèrent qu’il ouvrira d’ici la fin de semaine.

Camille Payant

 

Une première au Québec depuis 1999  

La tempête meurtrière qui a frappé l’Ontario ainsi que l’ouest du Québec est un derecho, un phénomène météorologique rarement observé au Québec.

Un derecho, qui signifie tout droit en espagnol, est «une ligne d’orages très puissante qui prend forme dans le Midwest américain», explique Antoine Petit, météorologue chez Environnement Canada.

Il est caractérisé par des vents dépassant les 100 km/h et une formation orageuse qui s’étend sur plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de kilomètres.

«C’est rare que ça va déborder au Canada, sauf l’extrême-sud de l’Ontario», poursuit M. Petit, précisant que le dernier ayant frappé le Québec remonte à 1999.

– Félix Pedneault, Agence QMI

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